CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 2 

« ORGASME » 

En corps enroulé dans son drap de brume 
le départ du nouveau jour 
bien qu’endormi 
ne paraissait pas hésiter à se lever 

La fraîcheur avait gardée intacte 
chacune des caresses faites à la main 
d’un tissage aux fils serrés 
dont les suins avaient l’éclat du neuf 

La nuit bien qu’ayant été courte 
avait eu du mal à contenir les nombreux bruits de ressort 
de l’ô qui coule 
sans brise-jet 

 

M’aime le ciel de lit ne se plaignait pas de courbatures 
c’était un bonheur de le voir se laisser porter 
par les courants ascendants qui montaient de tes seins étalés en travers du lit 
jambes impossible à démêler les unes des autres 

Aux chevets restaient la buée sur les lunettes 
là où la page était restée marquée par un musc fauve 
bouchonné par les ébats des draps aux fleurs gardées sauvages 
Tu as ouvert les yeux en épelant mot à mot les derniers cris de tes reins 

Sur la chaise où gisaient tes dessous 
un soutien-gorge froissé 
devait se rendre à l’évidence de sa mise en quarantaine 
en voyant jouer dans mes mains de jongleur la gaieté de ta poitrine libérée 

Niala-Loisobleu 
4 Octobre 2014