JOUR DE JEÛNE


JOUR DE JEÛNE

Plume sèche
le garçon d’étage n’a pas monté de
Bonne Nuit
et ce matin la femme de ménage
a passé le balai sur le
Bon Jour

Jour de jeûne
qui sent vieux

Un quotidien dans la boîte à laid
apporte ses nouvelles éculées
Du tant frais le peint rassis dure à dépasser l’aube
l’automne en brouillard sur la corde linge
s’égoutte
du mort-né

Jour de jeûne
qui sent vieux

Sous les pieds d’ici
des hommes la tête à l’envers de là
vont coucher leurs chiens de fusils
le temps de recharger les canons des bars à mines
et de ligaturer les joyeuses
la corde au cou d’une victime de l’obscurantisme religieux

Jour de jeûne
qui sent vieux

Ceux qui voudraient la démission du gouvernement
sont ceux qui acceptent tout et n’importe quoi
par tacite silence
la réforme de la sécu, des allocs, l’imposition de plus, la réfonte territoriale, l’usage explosif de la grenade, la stase des zones protégées, les aéroports dans la lande, et tout ce qui fait qu’un con ne doit qu’être pris pour un con sans s’en tamponner un brin le coquillard
non mais c’est qui, qui commande ici ?

Niala-Loisobleu
29 Octobre 2014

RUE DES ZOMBIES


RUE DES ZOMBIES

Ecto Place
un p’tit j’ai d’ô
une station de mais trop
vous saluent du néon
le tout dans l’enseigne

Les trottoirs luisent sans que la frite redore le blase on
et les effeuilleuses sont d’automne
quat’ saisons sur quat’
à suçoter les bars des saouls marins

Gamin d’pari
tu vends du bonheur en ligne de demain
il faut pas que la foi fit garrot
c’est bien demain qu’on rase gratis
ce soir mon p’tit minou
tu l’auras en corps au tarif illégal des passes

Il fait beau dans mon jardin du coeur
pourquoi faut-il que des sangliers qui puent viennent me retourner la patate
boudi j’veux plus qu’on mal mène mon ailleurs

Niet aux bâtisseurs de barrages
mon Amour
j’veux pas t’monter qu’en Amazone
j’ai la grosse babine sur laquelle ton bon bon selle y porte
autrement qu’un hélico
quand j’veux qu’tes seins s’en balancent mieux que l’oscar d’une Paulette

Que ce soit à Neuneu, dans le Tarn ou dans le chant naturel de ton cri animal
j’aime quand tu galipettes
pour me faire funny-cul-l’air-sacré-coeur-moulin -rouge
non-stop

Halte-là les monstres
rentrez vos grandes oreilles et vos dronnes
où d’un seau d’ô mise
j’vous défonce l’annale sans le petit pot de beurre
Capito ?

Niala-Loisobleu
27 Octobre 2014


BON JOUR ALORS !


!

BON JOUR ALORS !

Des chemins d’eau sortent aussi bien des crues que des tarissements
le caillou ne trempe pas toujours au sel
et l’humide peut se cacher derrière la ligne de flottaison
non embusqué
juste le temps qu’il lui faut de sourdre à nouveau

A l’étiage mes pinceaux et moi
on a planté notre atelier-jardin
des iris au liseré du palier
quelques canards plus amoureux que jamais
et des ondes en ronds excentriques

Au vent
quand le temps est au souffle
la toile de lin bande des quatre coins
quelque nouvelle histoire d’amour
d’un jour de vie ajouté à la suite des autres

Ne sommes-nous pas la suite de nous ?

Bien sûr que si
et m’aime sans savoir écrire

Certains ont avec la craie leur langage
d’autres trouvent à tremper leurs mots aux éclairs des orages
plus enclins à faire tonner le ton
beaucoup se taisent à l’abri d’un pied de mur
monté en pierres de suspension

C’est ainsi qu’aux almanachs des sentiers on voit des oiseaux de toutes les couleurs
ils font le jour la semaine et les mois
chacun tout seul ou tous ensemble comme un kaléidoscope.
qui tourne en toupie
au son d’un orgue de barbarie
que des enfants percent pour y accrocher leurs rondes

Je suis enfant père
je suis le buisson la forêt et le désert
je suis la femme mère de mes landes et chemins douaniers
senteurs bruyères de mauves parfums où vient le sébum des racines
je suis rien qui sert je suis tout ce qui serre
Mes doigts braillent l’alphabet de ton émotionnel partage
lisant pore après pore le chemin de tes attentes
sans idées tordues
sans dessein indécent
que de la folie d’aimer
naïvement
infiniment
parce mon air à moi c’est de te respirer uniquement

Bon Jour alors !

Niala-Loisobleu
24 Octobre 2014

L’AUTRE MATIN


L’AUTRE MATIN

Bloc-notes et pars
sans chaussettes
un noeud au mouchoir

Pourquoi ce que l’on ne fait pas
serait-il interdit aux autres ?

3 cuisines, cinq armoires, quelques plantes grasses, un ordinateur, un canapé et deux fauteuils fatigués, en haut d’un escalier à monter
il faut abattre cette cloison avant Pâques

Pourquoi l’aventure devrait-elle n’arriver qu’aux autres
si l’on vit prêt à tout ?

14 chiens, 1 chat, des poules, des canards, des lapins, un jardin de moutarde, des patates, en Décembre des roses en fleurs, sous un soleil qui pleut, les vieux tracteurs font collection à côté de la moissonneuse-batteuse qui vendange quand le vain est tiré
Aux dalles du palais des marches militaires désertent

Pourquoi il m’arrive toujours de vouloir être heureux
sans suivre pour autant le mode tripes de quand ?
Parce qu’au banal j’ai choisi d’être anormal
en aimant qui veut sans vouloir faire mal résister
à la tentation de l’abandon

Nous n’hâlons qu’à vouloir nous tirer de l’amer
et de ses aigreurs
en nageant contre le courant du jour qui meurt de ses matins disparus
comme si on voulait pas se faire à l’idée
que ce qui nous manque ne vient de ce qu’on a cessé d’aller chercherr
les pochettes-surprises de l’amour sont pleines de vide
A la faites fort haine je ne veux pas aller Maman
le manège des hommes
c’est qu’une baraque de tir au pigeon

Dans ma tête un Dieu est et n’est pas
toute la place est prise par l’Amour
que j’en tolère tous ses défauts à ma Terre
en me poussant d’un bout à l’autre de l’Univers
tous mes doigts noués dans sa main à ailes
la
Femme que j’aime
musique éternelle orient-occident que les cordes délient

Niala-Loisobleu
19 Octobre 2014


MANUEL DE TOI


MANUEL DE TOI

Etais-tu sortie pour te promener dans le pas de Camille ? Cette nuit mon ventre s’est soudain mis à taper du pied dans ses mains. Je sais, tu me l’as raconté depuis, la lune s’était glissée sous tes paupières closes, frottant ton nez de terre molle et toute humide. La tournette valsait, entre tes mains d’airs riches.. Alors par l’échelle de corde qui nous relie aux autres pièces de nos planètes, tu es descendue , tremper tes pieds dans la rosée de mon bol d’hors.

En faisant quelques pas légers, ton corps, que la transparence de la brume laissait voir, s’est envolé au choeur d’un chant enclos. A peine avais-tu commencé à léviter que le ciseau te rentras dans la veine. Ma Muse tu m’as fait les mains ouvrières. Elles ont aux phalanges tous les pouls de tes vibrations. Elles savent les anses de tes hanches mieux que celles des malles arabes..Tes ah à mes hans s’accordant la bonne cadence et le mouvement des scieurs de long.

Elles ont toutes les métamorphoses de tes menstrues qui changent les gabarits. Du ventre gonflé de ma prochaine création. De tes seins qui sont réglés au rythme de la nature, bourgeonnant, fleurissant, mûrissant, ,jutant la pulpe d’une récolte pure.Combien de paroles ont accompagné la musique du marteau ? Des chansons entières, grattant les guitares des feux gitans, sautant aux gémissements des violons tsiganes, d’un piano démécanisé, à la torsion d’un râle dirigé par les nacres de l’accordéon. Ce bois qui, pour l’éternité garde, aux niches des églises de l’amour tes yeux mi-clos sur ton sourire, ce bois, je le peindrai au-delà des ténèbres.
Je ne saurai vivre sans travailler de mes mains, parcourant à pieds, l’axe qui nous relie. Avant de signer, je te dis, je t’aime en corps partout.

Sans rien d’habits de moine, je te bure sur ton âme que l’alligator que je couve dans mon petit-bateau, se fera les dents aux cataractes de ton entrejambes là où les promontoires sont si charnus qu’on voit les doigts ricocher comme des enfants en câlins paillards, restés à l’écart des écoles du savoir-mourir. Au foin de ton écurie ma litière garde les odeurs bleues du limon des nuits de crues où la lune roussissait de t’entendre hurler, quand je te cassais la coquille de mon marteau d’ardoisier, devenu échassier-roi de ton marécage et de ses chaumes…

Niala-Loisobleu
18 Octobre 2014


LE MATIN DU PROCHAIN AUTRE JOUR


 

LE MATIN DU PROCHAIN AUTRE JOUR 

Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres. 

Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent. 

Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire. 

La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé – c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière. 

Christian Bobin 
(Extrait de L’éloignement du monde)
.. 

De cette nuit franchie tes bras me sont restés pleins des odeurs fortes qu’à ton corps quand il se met à ne vouloir qu’aimer et rien d’autre, puisque aimer est le Tout, qui ne s’encombre pas d’inutile. 
On en parle de partout à l’encan. 
Les hommes ne croient qu’au pouvoir de l’argent. 
La montagne et Jean en savaient plus haut que l’Everest de la simplicité qui fonde la grandeur de toutes choses. Messieurs les beaux habits, Mesdames les belles crèmes antirides, ne sont que des enduits de façade, promis à la fissuration. 
Un petit chemin dans l’herbe qui s’y prête va mieux au coeur du bon endroit qu’une autoroute qui ignore l’âme des petits villages. La plage au bas de tes yeux, crique le bain de mes regards voyageurs qui croquent le bon geste . 
Un cerne est un matin bleu des étoiles peints au nocturne de nos jardins sous la lune. 
Ceux qui clament être des changeurs de monde ne sont que des allumeurs d’artifices mouillés, de marées sèches, de lunaisons sans fesses, de prothèses sociales, de mauvais numéros de transformistes qui ne savent absolument rien de la vertu première du sel . 
Quelques fils de lin tissés aux poils du bois de mes pinceaux te serviront de cerfs-volants, je t’aime d’une écriture sans maux, je t’aime, d’un regain de vie trouvé au souffle de chaque baiser que tu s’aimes à la volée. 
Me voici bien réveillé au matin du prochain autre jour… 

Niala-Loisobleu 
17 Octobre 2014 

C’EGO LAINE


C’EGO LAINE

La torpeur remonte au cours de l’action en baisse. Un phénomène paranormal accouple aujourd’hui ce qu’on aurait pas pu croire possible hier. Tout se vante d’être au-dessus du panier, ma foi si c’est de celui du crabe dont s’agit , alors oui c’est la seule vérité qui reste dans une culture de l’individualisme sans frontières. Le règne de la suffisance se lance des défis à lui-même, allant chaque jour plus haut dans la descente. Quelle société plus décadente que la nôtre pourrait avoir l’audace de remplacer nos jean-foutre par plus affligeant en tous domaines. A voir le succès de nos chers bling-bling, on ne pourrait douter qu’avant d’en arriver au trou aucun miracle de lancé d’un pont serait projetable. Je vois l’indifférence soporifique désamorcer la moindre idee réactive avant que la plus petite étincelle jaillisse. Un peuple de veaux qui marche à la tonte ovine, prend corps en se musclant l’inertie chaque jour qui passe.

Il ne reste plus que l’illusoire retournement de méthodes religieusement entretenues depuis des décennies, par ceux-là mêmes qui n’ont jamais voulu en modifier les défauts. Le grand-guignol reprend, on va renflouer nos gâchis par le travail du Dimanche, et la gratuité des autoroutes ce même jour du Seigneur….bizarre François le Roué Fait Néant, aurait-il du synode dans le plan ? C’est à croire j’ai l’impression d’entendre de la conversion d’église par la voix papale…Ainsi on regarderait qui travaille au chômage, qui passe un peu trop les frontières, qui voile la vertu républicaine…

Bizarre, oui comme c’est bizarre, en voilà des idées qui me rappellent que dans ce pays plus on s’enrichit moins on paye d’impôts, en conséquence de quoi on doit taxer le petit contribuable à grand renfort de ramasse-miettes de ce qui en fait constitue un revenu si indécent que seuls des Ministres regardent froidement sans ressentir le moindre coupe-faim avant leurs banquets quotidiens.

J’ai peur, on parle de couper le bois des forêts pour sauver le pays, mais alors où qu’il pourrait loger le Robin de Bois qui nous sauverait de cette saigneurie des temps modernes, tout fout l’camp mon Cher Wood…

Nial-Loisobleu
16 Octobre2014