CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 8


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 8

Chaude, la pierre d’âtre
garde ma pensée dans ses tisons

Je me tais aux braises
un brin de ta fumée au nez

Et laisse un de mes autres doigts
exprimer moi

Les odeurs du soir restées aux draps
tissent l’haleine des matins
en patchworks de chemins imprimés de nos mains

A l’âtre en repos nos jambages
tiennent en corps nos flancs collés aux chenets
que la première vague remettra à l’ô

Tu sens cette peau de sel que la saumure tiens de conserve à mon saur
nous voici tout boucanés d’ébats nés de la paix préféréé aux combats d’idées
nous nous attacherons d’être bien encore en vie lors de nos funérailles
ne pouvant nous départir de cette manie d’aller à pieds nus
quérir le bon vent aux foutres des roulis

Noirs de fumets tes longs cheveux luisent des éclats de leurs vagues
depuis les crêtes du récif crânien au tombé vertébral où commence le vertical
par le chenal de la nuque au cou des épaules
avant l’anse des aisselles où tes varechs sont accrochés
Mon tableau appelle leurs mèches
à s’enrouler autour du bois du pinceau pour le lancement d’un nouveau bateau
sorti de ton chantier ventral
dans des cris d’herminette allant à la taille de ses vertèbres
d’expression abstraite
pour dire que ce que l’on sait n’est pas propre à l’étal

De l’équin hippocampe étreint au sable humide
à la renaissance de la foi
balayée des croyances croquemitaines
la mare monte

La mer ne montre qu’une face extérieure commune à tous les êtres
logeant son intimité sous les écailles des nacres des coquilles…

Niala – Loisobleu
27 Septembre 2014