CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 1


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 1

Au clos où le pene gardait la porte
quelques broussailles de ton ventre
attendent à la barrière

J’ai les clefs
en stand baille

L’arrosoir percé a laissé sa paume
sur le coin de la margelle
seau collé dans la cire

Occitanie roule les maux hors de l’aire
que le fléau batte le bon grain

Que le cuir parfume mon alène
des chemins calcaires
où mes chaussures craie sur les ardoises
des flèches en piste

Cette couleur d’aboi sortie de tes entrailles
éclabousse le morne d’un liquide amniotique
que nos mains attisent
de la forge à l’enclume
Tu renaîtras de toi enfantée de mes forages répétés
Et tandis que nous les verrons s’entredéchirer
nous poserons la première pierre de notre traversée

Niala-Loisobleu
30 Septembre 2014

CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 10


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 10

Tous les tocs et les habitudes
allez voir aux écos-musées
peut-être reste-t-il une étagère de libre
mais de grâce
foutez-vous votre camp de chez nous

Quand le regard se met en file indienne
multiplié de coups de téléphone inquisiteurs
que les mains sales se font gentilles avec vice
l’oeil torve
ne peut dissimuler sa queue diabolique

Aimer relève du droit divin commun à tous les êtres vivants
ne faites pas de vos opinions des dictats réducteurs
n’ayez que votre ouïe pour seule oreille
et non le discours de propagande du mâître
Nous voulons nous aimer libres

La vie est belle
la vie est d’une couleur irisée
non au mazout des privilèges
non aux fosses promesses d’ô zone
mettre de la religion dans sa conquête c’est ne plus vouloir de l’autre
Toi que j’aime c’est d’amour pas de haine

Niala-Loisobleu
29 Septembre 2014


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 9


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 9

Quand en corps
qu’une vague
t’hâlais
frapper tes temporels aux falaises
sorties d’une enfance en dérive
au seuil d’une porte prématurément poussée
tu aurais pu
au Roman
orner quelque lieu de prière
en chapiteaux de ronds-de-bosses

Certains font la cuisine avant d’avoir su allumer un feu

L’amer n’a jamais navigué
pour le moins il chat vire le premier rire d’enfant perché
dans un colin-maillard fouettard
Les enfants sont les sinistres clones d’une démence humaine
qui dépasse le seuil de tolérance
Mais c’est must de plus en plus
de jouer avec la vie qu’on a donné
Toi Petite-Grande mon Tendron
ils t’ont pas cassé comme on façonne à usinage
t’as choisi l’armure de l’absence
au résultat c’est pas mieux
Mais le laid répandu c’est juste bon pour les bavardeuses de trottoir
j’préfere le chemin de faire au TGV des lamentations
c’est pas gratuit
faut payer cash

Là, je te regarde au bout du môle
à deux pas d’une série de lame du néant
La grande éclaboussure d’embruns lave la tête du giro-phare
voilà que le geyser primordial vient sucer la merde mieux qu’un hérisson
viens chaloupe ma Môme
mon accordéon se cambre pour faire denser tes reins
où lui mette ton bouton à sa nacre
pour reluire un chenal au large des eaux troubles
Tu sens l’animal marin
tu sais que ça fouette
parce qu’au bout un attelage de dauphins fait le bac
entre la jetée et la baleine

A l’ô James quelles nouvelles ?
Chaude est la pierre d’âtre !

Niala-Loisobleu
28 Septembre 2014

CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 8


CHAUDE LA PIERRE D’ÂTRE 8

Chaude, la pierre d’âtre
garde ma pensée dans ses tisons

Je me tais aux braises
un brin de ta fumée au nez

Et laisse un de mes autres doigts
exprimer moi

Les odeurs du soir restées aux draps
tissent l’haleine des matins
en patchworks de chemins imprimés de nos mains

A l’âtre en repos nos jambages
tiennent en corps nos flancs collés aux chenets
que la première vague remettra à l’ô

Tu sens cette peau de sel que la saumure tiens de conserve à mon saur
nous voici tout boucanés d’ébats nés de la paix préféréé aux combats d’idées
nous nous attacherons d’être bien encore en vie lors de nos funérailles
ne pouvant nous départir de cette manie d’aller à pieds nus
quérir le bon vent aux foutres des roulis

Noirs de fumets tes longs cheveux luisent des éclats de leurs vagues
depuis les crêtes du récif crânien au tombé vertébral où commence le vertical
par le chenal de la nuque au cou des épaules
avant l’anse des aisselles où tes varechs sont accrochés
Mon tableau appelle leurs mèches
à s’enrouler autour du bois du pinceau pour le lancement d’un nouveau bateau
sorti de ton chantier ventral
dans des cris d’herminette allant à la taille de ses vertèbres
d’expression abstraite
pour dire que ce que l’on sait n’est pas propre à l’étal

De l’équin hippocampe étreint au sable humide
à la renaissance de la foi
balayée des croyances croquemitaines
la mare monte

La mer ne montre qu’une face extérieure commune à tous les êtres
logeant son intimité sous les écailles des nacres des coquilles…

Niala – Loisobleu
27 Septembre 2014


LA GUERRE SAINTE


LA GUERRE SAINTE

Je vais faire un poème sur la guerre. Ce ne sera peut-être pas un vrai poème, mais ce sera sur une vraie guerre.

Ce ne sera pas un vrai poème, parce que le vrai poète, s’il était ici, et si le bruit se répandait parmi la foule qu’il allât parler – alors un grand silence se ferait, un lourd silence d’abord se gonflerait, un silence gros de mille tonnerres.
Visible, nous le verrions, le poète et voyant, il nous verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d’être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.
Il serait ici, plein à craquer des multitudes des ennemis qu’il contient – car il les contient, et les contente quand il veut – incandescent de douleur et de sacrée tranquille comme un artificier, dans le grand silence il ouvrirait un petit robinet, le tous petit robinet du moulin à paroles, et par là nous lâcherait un poème, un tel poème qu’on en deviendrait vert.
Ce que je vais faire ne sera pas un vrai poème poétique de poète, car si le mot « guerre » était dit dans un vrai poème – alors la guerre, la vraie guerre dont parlerait le vrai poète, la guerre sans merci, la guerre sans compromis s’allumerait définitivement dans le dedans de nos coeurs.
Car dans un vrai poème les mots portent leurs choses.
Mais ce ne sera pas non plus discours philosophique. Car pour être philosophe, pour aimer la vérité plus que soi-même, il faut être mort à l’erreur, il faut avoir tué les traîtres complaisances du rêve et de l’illusion commode. Et cela, c’est le but et la fin de la guerre, et la guerre est à peine commencée, il y a encore des traîtres à démasquer.
Et ce ne sera pas non plus oeuvre de science. Car pour être un savant, pour voir et aimer voir les choses telles qu’elles sont, il faut être soi-même, et aimer se voir, tel qu’on est. Il faut avoir brisé les miroirs menteurs, il faut avoir tué d’un regard impitoyable les fantômes insinuants. Et cela, c’est le but et la fin de la guerre, et la guerre est à peine commencée, il y a encore des masques à arracher.
Et ce ne sera pas non plus un chant enthousiaste. Car l’enthousiasme est stable quand le dieu s’est dressé, quand les ennemis ne sont plus que des forces sans formes, quand le tintamarre de guerre tinte à tout casser, et la guerre est à peine commencée, nous n’avons pas encore jeté au feu notre literie.
Ce ne sera pas non plus une invocation magique, car le magicien demande à son dieu « Fais ce qui me plaît », et il refuse de faire la guerre à son pire ennemi, si l’ennemi lui plaît et pourtant ce ne sera pas davantage une prière de croyant, car le croyant demande à son Dieu: « Fais ce que tu veux », et pour cela il a dû mettre le fer et le feu dans les entrailles de son plus cher ennemi, – ce qui est le fait de la guerre, et la guerre est à peine commencée.
Ce sera un peu de tout cela, un peu d’espoir et d’effort vers tout cela, et ce sera aussi un peu un appel aux armes. Un appel que le jeu des échos pourra me renvoyer, et que peut-être d’autres entendront.
Vous devinez maintenant de quelle guerre je veux parler.
Des autres guerre – de celles que l’on subit – je ne parlerai pas. Si j’en parlais, ce serait de la littérature ordinaire, un substitut, un à-défaut, une excuse. Comme il m’est arrivé d’employer le mot « terrible » alors que je n’avais pas la chair de poule. Comme j’ai employé l’expression « crever de faim » alors que je n’en étais pas arrivé à voler aux étalages. Comme j’ai parlé de folie avant d’avoir tenté de regarder l’infini par le trou de la serrure. Comme j’ai parlé de mort, avant d’avoir senti ma langue prendre le goût de sel de l’irréparable. Comme certains parlent de pureté, qui se sont toujours considérés comme supérieurs au porc domestique. Comme certains parlent de liberté, qui adorent et repeignent leurs chaînes. Comme certains parlent d’amour, qui n’aiment que l’ombre d’eux-mêmes. Ou de sacrifice, qui ne se couperaient pour rien le plus petit doigt. Ou de connaissance, qui se déguisent à leurs propres yeux. Comme c’est notre grande maladie de parler pour ne rien voir.
Ce serait un substitut impuissant, comme des vieillards et des malades parlent volontiers des coups que donnent ou reçoivent les jeunes gens bien portants.
Ai-je donc le droit de parler de cette autre guerre – celle qu’on ne subit pas seulement alors qu’elle n’est peut-être pas irrémédiablement allumée en moi ? Alors que j’en suis encore aux escarmouches ? Certes, j’en ai rarement le droit. Mais « rarement le droit », cela veut dire aussi « quelquefois le devoir » et surtout « le besoin », car je n’aurai jamais trop d’alliés.
J’essaierai donc de parler de la guerre sainte.
Puisse-t-elle éclater d’une façon irréparable Elle s’allume bien, de temps en temps, ce n’est jamais pour très longtemps. Au premier semblant de victoire, je m’admire triompher, et je fais le généreux, et je pactise avec l’ennemi. Il y a des traîtres dans la maison, mais ils ont des mines d’amis, ce serait si déplaisant de les démasquer! Ils ont leur place au coin du feu, leurs fauteuils et leurs pantoufles, et ils viennent quand je somnole, en m’offrant un compliment, une histoire palpitante ou drôle, des fleurs et des friandises, et parfois un beau chapeau à plumes. Ils parlent à la première personne, c’est ma voix que je crois entendre, c’est ma voix que je crois émettre : « je suis …, je sais … , Je veux…, qui me crient « Ne nous crève pas, nous sommes du même sang ! », pustules qui pleurnichent : « Nous sommes ton seul bien, ton seul ornement, continue donc à nous nourrir, il ne t’en coûte pas tellement ! ».
Et ils sont nombreux, et ils sont charmants, ils sont pitoyables, ils sont arrogants, ils font du chantage, ils se coalisent mais ces barbares ne respectent rien – rien de vrai, je veux dire, car devant tout le reste, ils sont tire-bouchonnés de respect. C’est grâce à eux que je fais figure, ce sont eux qui occupent la place et tiennent les clefs de l’armoire aux masques. Ils me disent « Nous t’habillons sans nous, comment te présenterais-tu dans le beau monde ? » -Oh plutôt aller nu comme une larve !
Pour combattre ces armées, je n’ai qu’une toute petite épée, à peine visible à l’oeil nu, coupante comme un rasoir, c’est vrai, et très meurtrière. Mais si petite vraiment, que je la perds à chaque instant. Je ne sais jamais où je l’ai fourrée. Et quand je l’ai retrouvée, alors je la trouve lourde à porter, et difficile à manier, ma meurtrière petite épée.
Moi, je sais dire à peine quelques mots, et encore ce sont plutôt des vagissements, tandis qu’eux, ils savent même écrire. Il y en a toujours un dans ma bouche, qui guette mes paroles quand je voudrais parler. Il les écoute, garde tout pour lui, et parle à ma place, avec les mêmes mots – mais son immonde accent. Et c’est grâce à lui qu’on me considère, et qu’on me trouve intelligent. (Mais ceux qui savent ne s’y trompent pas : puissai-je entendre ceux qui savent !)
Ces fantômes me volent tout. Après cela, ils ont beau jeu de m’apitoyer « Nous te protégeons, nous t’exprimons, nous te faisons valoir. Et tu veux nous assassiner! Mais c’est toi-même que tu déchires, quand tu nous rabroues, quand tu nous tapes méchamment sur notre sensible nez, à nous tes bons amis. »
Et la sale pitié, avec ses tiédeurs, vient m’affaiblir. Contre vous, fantômes, toute la lumière! Que j’allume la lampe, et vous vous tairez. Que j’ouvre un oeil, et vous disparaîtrez. Car vous êtes du vide sculpté, du néant grimé. Contre vous, la guerre à outrance. Nulle pitié, nulle tolérance. Un seul droit: le droit du plus être.
Mais maintenant, c’est une autre chanson. Ils se sentent repérés. Alors, ils font les conciliants. « En effet, c’est toi le maître. Mais qu’est-ce qu’un maître sans serviteurs ? Garde-nous à nos modestes places, nous promettons de t’aider. Tiens, par exemple : figures-toi que tu veuilles écrire un poème. Comment ferais-tu sans nous ? »
Oui, rebelles, un jour je vous remettrai à vos places. Je vous courberai sous mon joug, je vous nourrirai de foin, et vous étrillerai chaque matin. Mais tant que vous sucerez mon sang et volerez ma parole, oh! plutôt jamais n’écrire de poèmes !
Voyez la paix qu’on me propose. Fermer les yeux pour ne pas voir le crime. S’agiter du matin au soir pour ne pas voir la mort toujours béante. Se croire victorieux avant d’avoir lutté. Paix de mensonge! S’accommoder de ses lâchetés, puisque tout le monde s’en accommode. Paix de vaincus Un peu de crasse, un peu d’ivrognerie, un peu de blasphème, sous des mots d’esprit, un peu de mascarade, dont on fait vertu, un peu de paresse et de rêverie, et même beaucoup si l’on est artiste, un peu de tout cela, avec, autour, toute une boutique de confiserie de belles paroles, voilà la paix qu’on me propose. Paix de vendus! Et pour sauvegarder cette paix honteuse, on ferait tout, on ferait la guerre à son semblable. Car il existe une vieille et sûre recette pour conserver toujours la paix en soi: c’est d’accuser toujours les autres. Paix de trahison !
Vous savez maintenant que je veux parler de la guerre sainte.
Celui qui a déclaré cette guerre en lui, il est en paix avec ses semblables, et, bien qu’il soit tout entier le champ de la plus violente bataille, au-dedans du dedans de lui-même règne une paix plus active que toutes les guerres. Et plus règne la paix au- dedans du dedans, dans le silence et la solitude centrale, plus fait rage la guerre contre le tumulte des mensonges et l’innombrable illusion.
Dans ce vaste silence bardé de cris de guerre, caché du dehors par le fuyant mirage du temps, l’éternel vainqueur entend les voix d’autres silences. Seul, ayant dissous l’illusion de n’être pas seul, seul, il n’est plus seul à être seul. Mais je suis séparé de lui par ces armées de fantômes que je dois anéantir. Puissè-je un jour m’installer dans cette citadelle Sur les remparts, que je sois déchiré jusqu’à l’os, pour que le tumulte n’entre pas la chambre royale !
« Mais tuerai-je ? » demande Ardjouna le guerrier. « Paiera-je le tribut à César ? » demande un autre. – tue, est-il répondu, si tu es un tueur. Tu n’as pas le choix. Mais si tes mains se rougissent du sang des ennemis, n’en laisses pas une goutte éclabousser la chambre royale, où attend le vainqueur immobile. – Paie, est-il répondu, mais ne laisse pas César jeter un seul coup d’oeil sur le trésor royal.
Et moi qui n’ai pas d’autre arme, dans le monde de César, que la parole, moi qui n’ai d’autre monnaie, dans le monde de César, que des mots, parlerai-je ?
Je parlerai pour m’appeler à la guerre sainte. Je parlerai pour dénoncer les traîtres que j’ai nourris. Je parlerai pour que mes paroles fassent honte à mes actions, jusqu’au jour où une paix cuirassée de tonnerre règnera dans la chambre de l’éternel vainqueur.
Et parce que j’ai employé le mot de guerre, et que ce mot de guerre n’est plus aujourd’hui un simple bruit que les gens instruits font avec leurs bouches, parce que c’est maintenant un mot sérieux et lourd de sens, on saura que je parle sérieusement et que ce ne sont pas de vains bruits que je fais avec ma bouche.

René Daumal. [Printemps 1940]

Dédicace au génie t’heurt de la 3°
qui ressort le vieil argument justicier
et insère un lieu sacré de l’horreur de la guerre
dans une campagne de persuasion obsessionnellement démentielle

Non à la guerre Président !

Loisobleu
4 Septembre 2013

Voilà je me suis répété sans penser que je l’avais dit assez

Niala-Loisobleu
26 Septembre 2014

MASQUE A RADE


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MASQUE A RADE


Aux rabotages des plantes de pieds
contre le lapidaire
des chemins de silex
la semelle des godillots
n’avait rien dévoilée

Elle n’a pas eue ou sue trouver les moyens de faire parler chaque parcelle du corps

Peut-être que l’intime en se dévêtant
face à lui et en dehors des autres
se remonte un mur
pour se cacher derrière un ultime rempart
pour fuir un endroit de lui qu’il refuse de voir
qu’importe de savoir pourquoi
il est clair que les raisons ne manquent pas
à qui veut se méconnaître

Très longue peut-être la marche avant de buter sur soi un jour que son Moi dépasse

La suite variera
bien mal sans problèmes dans la panique le calme ou l’affolement
Quelle horreur j’ai un nez entre les fesses
mais qu’est-ce qu’un appendice peut foutre en cet endroit
Depuis le temps que je m’assois dessus
il a même pas mis sa patate en purée
on dirait une frite
et crois-moi je l’ai pas
De quoi-je souffre
C’est quoi cette excroissance
une difformité ?

Mon Dieu j’ai les cornes du diable qui me poussent au cul
ah vite enlevez-moi ça
je ne veux pas me voir de l’intérieur ça me fait trop peur !

Niala-Loisobleu
24 Septembre 2014

780166

Ô MA BLANCHE


Ô MA BLANCHE

Moi je voulais tout connaître des Hommes pour tendre à mes lèvres la compréhension de leurs animales postures
Savoir l’union qui de deux ne fait plus qu’un
Voulu
Désiré
Consenti
Faire parler ce que l’homme dit être l’amour
Pris d’un rut soudain aux détours de leurs Boulevards du Crime, vices en devanture
Dans l’écart des fentes du bas des riens
Au rose des touffes les plus noires
Emporté par le flot de torrents de cyprine
D’ô rages
Dans le viol des espérances les plus infantiles
Le nez collé comme un chien à casser les tringles des maisons d’abattage
Pour aimer l’autre versant de la déclarée putain
Son coeur vibrant au rythme du mien
Je reste l’enfant qui depuis le premier jour où il vit l’autre beauté du sein qui s’affaisse
Et vient se poser à la pointe du ventre qui a enfanté
D’une virginité volée
Je reste l’enfant qui tendit sa main à l’écart des aumônes
A cette infinie beauté qu’est l’âme de la Femme que trop d’hommes souillent
Sans jamais la désirer autrement que d’appêtit cannibale
A la lune déchirée des nuages
Loup jusqu’au gland de ma griffe ventrale je hurle je hurle
Ô ma Blanche que je t’aime
Que je t’aime libre de me vouloir
Que je t’aime libre de me choisir
Pour un bonheur sorti de ses clotûres

Niala-Loisobleu
22 Septembre 2014