LEURRE A SONNER


"Tellus Mater"  1981 Huile s/Panneau 150x150 Collection Ville de Chateaubernard
« Tellus Mater »
1981
Huile s/Panneau 150×150
Collection Ville de Chateaubernard

 

LEURRE A SONNER

 

J’entre par l’escalier de service, discrétion affichée par l’absence du tapis rouge que le concierge a roulé – chique, il ne fume qu’après l’amour – dans le trou du souffleur. J’avance à pas feutrés pour que les crampons de mon lierre ne rayent rien de ce qu va suivre. C’est vrai je suis très attaché à la vérité.  Je vois d’aucuns hausser des sourcils, pendant que d’aucunes la main  droite au mont, la gauche à l’arrêt, se grattent, en mal d’idée pour la soupe du jour.

Apparaître ça n’existe pas

Les hommes ne font que paraître sous toutes les époques d’un déguisement à venir.

Leur voiture ventouse le trottoir, souvent plus loin que leurs pieds dont pourtant ils ont la pointure illimitée, mais la voiture c’est le cheval CV, le bourrin de crâne, avec les chromes qui marquent mieux le rang social que le nom sur la chaise dans la nef. Puis en bouchant la vue avec sa connerie, le plouc y se fait écran. Un camion carreaux noirs carène de la même couleur ça vous montre 4×4 fois plus.

Bon donc je sonne alors je suis.

La croix verte de la pharmacie remplace les lanternes rouges qui permettaient de trouver le bon apothicaire quand une migraine passait en phase chronique. La fermeture des claques c’est du pareil au m’aime que la paix dans le monde. Au fur et à mesure que ça fermit ça s’entre baille plus loin. Donc disais-je vois la croix verte seins tiller. Je pousse la porte et suis accueilli par une hôtesse qui d’un côté comme de l’autre est vêtue de transparences en trompe-l’oeil, annonçant mieux qu’un écrit tôt ce qu’on trouve à tous les étages. Attiré par un bruit de casseroles je m’avance, devant moi et à perte de vue, une super cuisine de chez Lapaire pousse au milieu d’une forêt d’arbres à médecine. Mais quelque chose de non désigné transperce l’étalage bien plus clairement qu’un sex-shop nanti du god dernier cri et pas en corps lavé de ses intonations.

Pas de doute ça pue…ça pue tout en un seul les spécimens de la société, ça pue la main tendue qui cache un couteau dans la manche, ça pue le sourire qui rimmel à rien, ça pue la musique d’un pendule qui endort avec de vaines promesses, ça pue le prétexte gluant de tous ses faux qui brosse le dos, ça pue la merde sale pas la merde purificatrice, non celle qui rive  des êtres au pavé, qui envoie des mouflets aux écoles de l’ignorance, qui blasphème la liberté en mettant Marianne à la raie publique, ça pue le faux-j’ton, le faux-cul,, les faux-seins, et ça ment en déclarant que la prospérité est au bout de l’aqueux d’un Président, qui n’a de la frite que le visage d’un préservatif ne pouvant plus rien garantir d’autre que la vilaine bête noire qui fout les chocottes au plus vaillant.

Merdre, merdre, trois fois merdre..

Je me réveille ruisselant, glacé, terrifié….et j’entends le bruit de tes yeux me disant, tournes-toi, ce n’était qu’un mauvais rêve de quand on habitait encore la terre-las, à présent on navigue plus à vue, on a laissé les brumes à leur place, viens j’ai arrosé ton jardin très tôt ce matin, l’apporte-bleu est tout vert, parton en voyage…

Bon Jour Amour !

 

Loisobleu

15 Août 2014