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EFFLUVES

La grande verrière des ateliers a retenu à l’intérieur, les buées odorantes de tous ces départs d’une toile vierge, tendue au châssis de sa fenêtre

 Nos ateliers sont des gares posées ça et là de nos voyages picturaux.

Juste pour le croquis gourmand d’une impression à saisir immédiatement,

halte posée sur le passage d’une grande ligne.

Ou bien ça pourra être un noeud ferroviaire plus important, une gare centrale,

nerfs de circuits longues distances, remuant de la fébrilité des découvertes

apportées par chacun des tableaux d’une série.

La cabane est depuis des années l’estomac et les intestins de mes gares, l

eur quai-ponton,  entrepôts-buvard à relents des sueurs extraites

de clandés, boules à tango, planchas aillés de garenne, toutes garrigues

ramassées du vent largué d’une humanité qui cherche à se faire un dessous des jupes

sans culotte de cheval de Troie.

Chaude, sans frime, elle crisse comme une présence d’oiseaux de mer, qui n’ont rien à dire de tous les coups tordus, vérole et MST, des rues mal famées d’une existence ordinairement répandue sur le globe d’yeux pochés.

Sur le plat de côte, entre les doigts de pieds du sable,

de longues collines espalient leurs thés.

Au bout de leur mâts, les palmiers s’échevèlent à vouloir gommer les dates.

C’est Paul, dans l’oreille de Vincent

qui roule dans le rire des vagues.

Pont-Aven ou Montmartre,

qu’est-ce que ça peut bien foutre, partout le rouge ou la galette ont des ailes.

Jaillie de sécrétions la terre se peuple d’un monde bariolé,

shaman, offrandes, pyramides, flèches en cathédrales, haut-bois, polyphonies,

oh oui serre-toi, je dense au coeur de tes jambes,

des arbres monte la musique qui te remue par la tripe,

avances en corps,

peu pas savoir jusqu’où,

t’occupes,

qu’est-ce que ça fou,

peins tu parles universel sans bagages.

 

A.N. Loisobleu

1er Août 2014