TUBEREUSE


TUBEREUSE

Dressée sur mon attention nasale

J’entends ton désir atteindre la branche attique

Boomerang le bas du tronc écrit en percussion en suivant le relief à la lettre

Rendu au genou je devine la horde s’engouffrer vers la trappe de secours de la fosse poplitée

La pointe du pétale derviche en boucle

Souffle court et dent incisive

Droit sur sa tige l’oiseau huppe d’abord de l’oeil puis des zèles une chanson de corps de garde sans raturer un mot

Comme c’est jaune hein le soleil battu par le fouet du chien noir

La mort si tu voyais la tête qu’elle tire tu rajouterais ta nouvelle vague à éclore sans retenue

Mai comment fais-tu l’amour Cerise ?

Non, Monsieur je n’ai pas vingt ans mais c’est mieux…

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2021

L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR

L’homme a agrippé la femme

Et la femme murmure

«Ne t’écarte pas, nous tombons

Tu vois, c’est un voyage dans le vent de la chute

Et c’est si beau

Le vent s’enchante

Dans la maison trop claire qui tient sa paume ouverte

Comme une plaine

Sans turbulence malgré le vent »

Tous deux s’épousent et le moment ne tombe pas

La femme ne sait pas où ils vont

L’homme croit peut-être le savoir

Elle ferme simplement les yeux

Pour mieux sentir son cœur qui navigue vers lui

Et les vergers font des étoiles

On voit le vent qui s’énamoure

Et qui secoue les arbres fous

L’homme et la femme emportent pour repères

La satiété d’anciens châteaux du paysage

Qu’ils ont toujours connus arrimés dans le temps

«Ne t’écarte pas, nous tombons»

Nœud partageable fol appui

Le voyage et son point fixe

Et le moment ne tombe pas

Et c’est sans eux que le temps se décline

Toujours est incrédule la même plaie

La plaie de blé mêlé d’ivraie

Mode à l’impersonnel

Ocre terrible sur la rose du monde

La beauté se soutient et ne nous parle pas

Le temps mordille la peur et j’habite un devoir

Surgissement qui m’étreint et me chasse de moi

Tu ne voyais donc pas qu’aucun rempart ne divise le temps !

Tout se tient

Une guirlande bruisse

Le blé flambe à petits bruits d’insectes

Le blé flambe

Et ne me brûle pas

Qui ne suis plus en moi

Je ne sais pas qui je suis

Et j’habite un devoir

En attendant que la pure plaie de l’étendue

Sous sa broderie de feuilles et de temps libre

Tienne à l’étendue d’une parole

Où nous sachions entendre

Que nous tenons ensemble

Où tout se tient


Dépêchons-nous déjà une guêpe vient

Sucer la cigale malade tombée vive sur le balcon.

Gabrielle Althen

LA MAIN OUVERTE


LA MAIN OUVERTE

De tous côtés l’arbre déploie

respirons

la paume ouverte

tes fruits sont toujours de saison

Le vent bat

je garde le front dans tes mèches

en pleine révolution

Aspirant à réduire l’espace

au contact

Tout autour l’oiseau

peint

à main ouverte des fenêtres.

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2021

La Déclaration par Debout Sur Le Zinc


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

La Déclaration par Debout Sur Le Zinc

C’est un peu une déclaration que je te fais car il est temps je crois
Quand certains rêvent de nations de football ou de vrais combats
Moi c’est vers toi que je tends les bras
Quand ça ne va pas


Ma cervelle et mes sentiments
Je te les donne
Ils sont pour toi
Le reste on en reparlera
Le reste on en reparlera
Le reste on en reparlera

Pour vivre avec toi
Tu es mon chez moi
Mon premier et mon second choix

Mon rêve d’absolu qui ne tarit pas

Je te dois mes premiers frissons
Et mes premiers coups sur les doigts
Mais pour un mot une chanson
J’aurais donné n’importe quoi
Malgré tous mes démons
Les menottes que j’ai aux bras
Si je te quitte pour de bon
Le lendemain je cours vers toi
Le reste on en reparlera

Pour vivre avec toi
Tu es mon chez moi
Mon premier et mon second choix
Mon rêve d’absolu qui ne tarit pas

C’est un peu une déclaration
Même si je sais que tu n’es pas
Le remède ni la solution
Tu n’es qu’une attelle à mon bras
Ce petit rien qui nous lie
Aux autres quand ça ne va pas
Un ultime langage de survie
Qui remet le monde à l’endroit
Le reste on en reparlera

Pour vivre avec toi
Tu es mon chez moi
Mon premier et mon second choix
Mon rêve d’absolu qui ne tarit pas

TROUSSEAU DE CLEFS


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

TROUSSEAU DE CLEFS

Des fatigues d’un temps gris et de son vent repoussant

les heures du Dimanche haïssable

tournent vers la chambre

Nuit sereine portée d’étreintes réattelées

au débord d’un couvre-lit coquelicot

Ocres-peaux unis dans lesquels les oiseaux baignent

A la rivière le drapeau de la plage est vers.

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2021

LES MOTS D’AMOUR – DEBOUT SUR LE ZINC


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

LES MOTS D’AMOUR – DEBOUT SUR LE ZINC

J’aimerais écrire des mots d’amour
Parce que parler c’est pas mon fort.
J’aimerais écrire des mots d’amour,
Les faire jaillir de mes trois accords, mais
J’ai un peu froid, comme a dit l’autre,
Et ce long frisson qui n’en finit pas.
J’ai un peu froid, mauvais apôtre,
Mon cafard me lâche moins souvent qu’autrefois

.J’aimerais écrire des mots d’amour
Parce que le reste, c’est pas grand-chose.
Je l’ai appris et à mon tour
Je te le livre un peu; je te propose
De laisser le long du discours
Nos contentieux et les comptes à rebours,
D’oublier le temps d’un refrain
Ce bon vieux réflexe; moi j’en garde pour demain

.Des mots pour toi mais que je n’dis pas.
Ceux-là.Quel était le refrain du jour?
Si je l’oublie, je cède encore.
J’aimerais écrire des mots d’amour,
Jeter l’éponge, un peu, tenter le sort.
Une pause ici pour poser là,
Entre deux conflits, entre deux coups d’éclat.
Une pause pour dire autour de moi,
Mon ami, mon frère, mon amour, écoute-moi.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.

Des mots pour toi mais que je n’dis pas.
Ceux-là.

AVANT LE DEPART


AVANT LE DEPART

Lit ouvert ton ventre est toujours chaud

Par la porte entrouverte la garrigue se laisse deviner

Les cigales en piste étirent leur demi-sommeil

L’olivier n’a pas bougé

Je laisse ma main pénétrer les hautes-herbes

Une pensée tournée vers le passage silencieux de l’animal.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2021

JE ME LÈVE AUJOURD’HUI – GABRIELLE ALTHEN


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

JE ME LÈVE AUJOURD’HUI

GABRIELLE ALTHEN

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Trois cyprès sont vigiles

Où le pardon fera la porte

Les plantes simples qui s’étreignent

Habitent

On ouvrira bientôt le cran de nos désirs

Ce paysage est admirable mais que lui ôte sa beauté ?

Parfois je me demande où l’on y bêche encore

Le terreau de la faute

D’introuvables pans de ciel baignent la terre

La mort aura juste un peu traversé le plancher

Pour offrir à chacun sa grappe de baies noires

J’entends toujours le bourdon de l’orgueil

Et je ne sais si je rattraperai mon nom

Mon pauvre nom de tête rebâtie sur le cœur

Le recours se prononce et la vigile insiste

Moi je me tiens où le roseau se penche

Attention donc le ciel commence ici

Les choses sont pourtant bien étroites sous l’aplomb

Je fixe avec effort le sol entre la vigne et la maison

Mais le ciel trop léger commence à s’en aller

Est-ce que l’histoire en a parlé ?

Il a déjà quitté nos pieds

Sans doute le pardon est-il comme le ciel

Route et couronne partout avec portes ouvertes

Qui donnent à manger leur fruit manquant et vert

La chose est à la fois absente et colossale —

Tu pleures, je pense, ô mon désir…

La sentinelle heureuse près du bord qui chavire

Ne touche rien

N’a rien à nous ôter

J’ai pris sur l’arbre une amicale baie

La route est brève je me suis levée

Gabrielle Althen

GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS



GABRIELLE ALTHEN – CORPS A CORPS

« 

CORPS À CORPS



Souffre de ton angoisse comme d’une fable
Et sois tendre avec le superbe ennui

Ossip Mandelstam


S’est posé sur le tapis au milieu de la chambre
Le temps rond comme une pomme
L’étoile avait perdu son fard
Et nous très nus au moment du baiser
Malgré notre désir d’applaudir
Nous étions immobiles tous deux
Ce temps de craie nous faisant face
La grosse pomme posée sur le tapis
Sans entrelacs le temps
La porte torse
Présent sans bras
Et craie à remuer
― L’évasement de la personne !


Source: Terre de Femmes

Gabrielle Althen, « Trouver manque » in Soleil patient, Arfuyen, Collection Les Cahiers d’Arfuyen n° 225, 2015, page 31.
Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com