ENTRE TIEN EMOI 25


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ENTRE TIEN EMOI 25

Mémorable jour de merde si je pensais que je gagnerai à m’y plonger. Désolé, c’est non, même si j’ai cassé ma voiture, c’est sur mes jambes aussi fatiguées qu’elles se sentent que je vis. C’est pas marrant, mais puisque on me demande quel est mon choix ben j’hésite pas: je continue de vouloir vivre ma Muse, elle est pas du système qui détruit pour amener à changer le produit, c’en est pas un , elle est de chair, vivante, ni plate, ni fade, ni du genre à raser. Ah si vivre c’est pas aimer flingue-toi vite…

Bon Soir !!!

 

N-L – 21/08/18

 

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C’est ici que se trouve notre vraie place…

NOUS AVONS


NOUS AVONS

René Char

 

Notre parole, en archipel, vous offre, après la douleur et le désastre, des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort, ainsi que ses doigts chauds de les avoir
cherchées.

Tyrannies sans delta. que midi jamais n’illumine, pour vous nous sommes le jour vieilli; mais vous ignorez que nous sommes aussi l’œil vorace, bien que voilé, de l’origine.

Faire un poème, c’est prendre possession d’un au-delà nuptial qui se trouve bien dans cette vie, très rattaché à elle, et cependant à proximité des urnes de
la mort.

Il faut s’établir à l’extérieur de soi, au bord des larmes et dans l’orbite des famines, si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise, qui n’était que pour
nous.

Si l’angoisse qui nous évide abandonnait sa grotte glacée, si l’amante dans notre cœur arrêtait la pluie de fourmis, le Chant reprendrait.

Dans le chaos d’une avalanche, deux pierres s’épou-sant au bond purent s’aimer nues dans l’espace. L’eau de neige qui les engloutit s’étonna de leur mousse ardente.

L’homme fut sûrement le vœu le plus fou des ténèbres; c’est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil.

Une terre qui était belle a commencé son agonie, sous le regard de ses sœurs voltigeantes, en présence de ses fils insensés.

*

Nous avons en nous d’immenses étendues que nous n’arriverons jamais à talonner; mais elles sont utiles à l’âpreté de nos climats, propices à notre éveil comme
à nos perditions.

Comment rejeter dans les ténèbres notre cœur antérieur et son droit de retour?

La poésie est ce fruit que nous serrons, mûri, avec liesse, dans notre main au même moment qu’il nous apparaît, d’avenir incertain, sur la tige givrée, dans le calice
de la fleur.

Poésie, unique montée des hommes, que le soleil des morts ne peut assombrir dans l’infini parfait et burlesque.

Un mystère plus fort que leur malédiction innocentant leur cœur, ils plantèrent un arbre dans le Temps, s’endormirent au pied, et le Temps se fit aimant.

 

René Char

MON CERCLE DE VIE !


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MON CERCLE DE VIE !

 

J’aspire à l’étendue de tes vastes déserts
Pour y célébrer mes silences éphémères

J’aspire à l’immensité azur de tes océans
Pour combler mes abîmes noirs, béants

J’aspire à tes neiges blanches, sublimes
Pour orner, d’un châle argenté, mes cimes

J’aspire à tes volcans torrides, impétueux
Pour réchauffer mon imaginaire frileux

J’aspire à l’ocre doré de tes terres fertiles
Pour y semer mes graines d’espoir stérile

J’aspire à la beauté de ton bleu horizon
Pour m’abreuver de son élixir à pâmoison

J’aspire à tes verbes espiègles et rieurs
Pour apaiser mes rimes lestes, en sueur

J’aspire à la clarté de tes raisonnements
Pour m’enfuir de l’asile de mes errements

Dans ton regard, je lis mes certitudes
Ta confiance, ta foi et tes inquiétudes

Dans l’écho de ta voix chaude, j’écoute
Les sonates de mon coeur en déroute

Dans tes bras, je me réconcilie enfin
Avec ma joie d’enfant et d’adulte serein

Dans ton sourire, je vois se dessiner
La face guillerette de ma vie burinée

Avec toi, mon cercle s’est complété
Mes rêves sont rassasiés et à satiété

Ma page est redevenue toute blanche
Et mon encre danse, volète, s’épanche

Ne t’éloigne surtout pas, mon bel ange
Toute mon argile en deviendrait fange !

Latifa Maouloudi (Extrait de: « Long Tunnel »)

L’heure blanche.


SON AVIDITE N’A D’ÉGAL QUE MOI

Donneuse monde en mouvement
Cernée de plaisir comme un feu
Dans l’ombre tu te diriges mieux qu’une ombre
Tête accordée

Mon cœur bat dans tout ton corps
Dans tes retraites préférées
Sur l’herbe blanche de la nuit
Sous les arbres noyés

Nous passons notre vie
A renverser les heures
Nous inventons le temps

Et d’un seul coup comme toujours

Des verdures et des oiseaux

Où sommes-nous

Soufflent sur tes regards

Se posent sur tes paupières

Garde-toi de bouger

Les guirlandes de tes membres

Sont pour des fêtes moins subtiles

Pas un geste apparent
On nous croit immobiles
Tant nous sommes secrets

Donne ton juste poids à l’aube

A l’horizon le nerf de la balance

Le cratère d’une couronne d’air pur

Sur ta chevelure folle

Mille bouffées d’écume entre les lèvres du soleil

Ou l’aile battante de ton sang

Donne ta force ta chaleur
L’été massif brutal amer
De tes paumes et de ta bouche
Donne ta fatigue limpide

Donne ta douceur ta confiance

Dans l’étendue de tes yeux

Il y a tantôt un château charmant

Ouvert comme un papillon à tous les vents

Tantôt une masure terrible

Une dernière caresse

Destinée à nous séparer

Tantôt le vin tantôt une rivière

Close comme un essaim d’abeilles

Viens là docile viens oublier
Pour que tout recommence.

Paul Eluard

Le coucou tordu remis au fond du silence tend à remettre tout à l’heur. Il y a dans toute attente Jeanne une voix qui perce l’impossible de la pointe de son étang d’art. Il est d’une matière si vivante celui-ci, qu’au trouble de mon approche abstractive née de la disparition de mon Capitaine, une vue se fit nette au pourtour des Anglo-Normandes. « Pourvu que tout recommence » si tu savais comme je l’ai fait mienne la conclusion de Grindel, le boisseau de ma semence….
Merci ma Barbara, tu touches loin en écrivant sur ce tableau, il vit en moi comme la mort en désespère…
N-L

Lire dit-elle

Blanche heur. / Niala /2014.

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C’est l’heure blanche

le cri violet à l’ornière

d’un ciel surpris et qui penche

C’est l’heure blanche

la plainte obscure qu’on épanche

sans répit sur l’infirmité du feu

de nos mains d’orage chargées de pluie

C’est l’heure blanche

qui berce longuement à la hanche

le papillon ajourné de l’apaisement

lui refusant le port illusoire d’un nom

et lui impose la cadence du vent

avant de l’épingler sur l’horizon

C’est l’heure blanche

à la paume de sa place

le soleil sur l’œil vacant

de l’étamine et du bouquet absent

C’est la blanche heure

la vague nomade du vivant

qui se déverse sur l’herbe des peurs

Barbara Auzou.

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LA TOURNE


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LA TOURNE

— après cela (je commence, je commence toujours, mais c’est aussi toujours une suite), après cela j’avais essayé de quitter ma vie. Elle s’était en réalité
déjà séparée de moi, comme une maison rejette ses habitants à l’occasion d’un tremblement de terre. Bien sûr aucune maison ni cette vie ne m’avaient appartenu.
Cependant je restais pris sous les décombres. Il y avait dans cet écrasement encore de la protection et de la chaleur. J’aurais dû me tenir tranquille. Des événements
plus sourds se préparaient dehors. Insensiblement le temps s’était remis en marche dans sa poussière. Moi j’imaginais sans bouger un grand bond par-dessus ce désastre, ma
disparition d’un seul coup sur les rails où fonce une seule étoile déchiquetée. Mais tout s’accomplit à son heure, on décide peu. De nouveau j’entrepris des petits
voyages. Humbles, oui, et parfois de trois quatre kilomètres aux alentours (tous ces hérissons qui séchaient sur le bord de la route, transformés en galettes), puis d’autres
plus considérables mais guère différents pour le fond, renouant prudemment avec mon vieil espoir de le trouver à l’arrivée, l’autre aussitôt reconnu et qui
après un signe de connivence imperceptible (mais vu, compris), s’éloigne et je le suis jusque dans le couloir d’une sordide baraque à un étage où il faut faire vite :
un pas lourd au plafond ébranle des planches, précipite du plâtre, mais j’ai le temps d’apercevoir un vitrail de sureaux qui flambe sur les gravats. Alors il chuchote : C’est
vous ? — C’est moi.

Et nous échangeons ces pronoms comme des passeports volés à l’ambassade, avec les vrais tampons et le bleu brumeux de l’avenir dans chaque page, intact. Puis : les dernières
recommandations, les derniers vœux, l’accolade virile avant de nous perdre, chacun de son côté, dans la végétation déjà ténébreuse des rues. Jamais
rien de ce genre évidemment ne se produisait. Je tombais trop tard ou trop tôt dans d’immenses villes abandonnées. En général trop tard, par l’omnibus dont les
étapes à travers les banlieues divisaient à n’en plus finir la moitié de la moitié d’une distance obstruée par la nuit. Souvent, inexplicablement ou peut-être
à titre d’épreuve, on restait bloqué sur un pont, juste entre la rambarde et le souffle plein d’arrachements d’étincelles violettes des convois de sens inverse qui
cherchaient à nous culbuter, et je ne distinguais plus en bas qu’un remous pauvre aspirant le regard et l’espace avec l’eau du fleuve elle-même au fond du gouffre. Et j’avais peur, un
peu. Mais ne possédant pas de montre j’étais patient, surtout quand au lieu de la lune tirée comme un boulet incandescent par un silo ou une cheminée, luisait comme pour
soi, pour la pluie, l’écheveau des triages qui dans la plus compacte obscurité réfléchissent des bolides en proie sous l’horizon au silence dévastateur de leur vitesse.
Très loin brillait l’angle d’un mur.

Et contre, pour obéir à l’attraction du centre, dans un halo de ces becs de gaz les avenues encore indécises viraient en se prononçant pour l’équilibre, et rameutaient
ce troupeau de l’étendue bâtie vers son foyer. Mais un centre, à vrai dire (ce que moi j’appelais centre depuis qu’on m’avait expulsé du mien), les villes en ont un
rarement. Ou du moins elles le cachent, à la longue elles l’oublient, elles l’ont perdu ; et comment le découvrir sinon par hasard ou par chance ; et si ce que l’on trouve alors n’est
pas un simulacre, on le devine à la trouble douceur de déconvenue où s’étouffe le pressentiment : c’est un simple fragment qu’il faudrait combiner à d’autres (ces
pavés dans une arrière-cour, ces yeux qu’on a croisés et qui semblaient savoir, d’une science aussi ancienne et obtuse que celle des choses), pour obtenir enfin du désordre
apparent qu’on a remué de rue en rue la figure occulte et logique dont les lignes innombrables se recoupent en un seul point. J’explorais des périphéries.

Alerté puis déçu, puis appelé de nouveau comme si un cataclysme n’avait laissé debout que les ruines d’une volonté pareille à une phrase encore claire dans le
mot-à-mot, mais qui faute d’un verbe rétroactif maîtrisant l’émiettement du sens demeure intraduisible, ainsi je comprenais tour à tour la courbe en surplomb d’un
boulevard, du buis dans une impasse, la gaieté d’un sentier ; ailleurs un sous-sol sans maison rempli de cartons et de ferrailles, une façade sans immeuble, des moteurs au milieu d’un
pré ; ensuite un gros pneu dans un saule, deux enfants devant une affiche aux lions désabusés et, de chaque côté d’une usine éventrant par désœuvrement
ses carreaux au soleil puni, des maïs en papier jusqu’à de fulgurantes citernes. Et ensuite encore une rue, des maisons, plus de maisons, des jardins, plus de rue, plus personne, rien
que du ciel comme moi partout présent et partout égaré ; du ciel guettant le ciel sous des buissons, dans la profondeur des fenêtres ; du ciel dévalant au bas d’une
côte où vibrait le bord de l’horizon dans l’herbe comme un fil, puis sautant vers le ciel un instant fixe, vertical, avant de crouler avec la soudaineté d’une intuition nocturne
ou d’une bête. J’étais porté. Mais la loi qui le dirigeait renversait aussi bien le mouvement de cette fuite en spirale, et à certains indices (non, je n’avais jamais faim,
j’étais stimulé par la pluie), encore dans l’hésitation de la lumière qui gonfle sur les derniers chantiers, je savais qu’il me reconduisait vers l’intérieur, dans les
quartiers que la fin du jour saisit d’une puissante hébétude. Là des palais, des musées, des pelouses, des banques, des ministères délimitaient l’aire bientôt
déserte où je pensais que le centre en peine viendrait traîner peut-être avec la nuit. En tout cas je me reposais quand à force de marcher j’avais touché la pointe
anesthésique de la fatigue, et m’abandonnais sur un banc à l’inertie tournoyante de la planète et des corps des millions de dormeurs autour de moi qui veillais dans la cataracte
en suspens de tant de silence. Qu’est-ce que j’ai retenu? Sans grande passion pour l’histoire, observateur médiocre (ou je m’éprends une à une de toutes les briques d’un mur, ces
briques crues des temps qui tiennent juste au creux de la main avec le poids et l’or et la tiédeur d’un petit pain retournant par-delà des siècles à sa farine), seul et
sombre comme illettré dans les accords fondamentaux des musiques que font les langues, mais j’écoutais; confiant en d’absurdes systèmes établis sur les goûts des tabacs
(car une odeur autant qu’un lieu pouvait me livrer le centre — et les poches alors bourrées de dix variétés de cigarettes, les moins chères, celles qui sous de
naïfs emblèmes cosmopolites perpétuent la dérive de journées de chômage et de samedis de bals à tangos), je flottais avec ma fumée et n’en sortais que
comme une fine antenne promenée par la ville elle-même, une lanterne qu’elle portait en rêve au travers de sa propre masse pour en sonder l’énigme et l’épaisseur. Quant
au centre j’en parle, j’en parle, mais après coup. Je suivais une pente. Qu’elle m’ait aspiré jusqu’à lui, et je ne serais pas ici tranquillement à relever encore ses
traces, puisqu’il accordait cela du moins, traces ou signes par l’antenne aussitôt en éclair vers le cerveau pour y cristalliser la distraction en vigilance. Oui, tout cela prompt,
furtif, car si centre il y a, ce n’est rien que ravalement d’une indifférence féroce. Il m’aurait englouti. Par exemple je me souviens d’une porte : elle battait au fond d’un couloir
et j’ai vu beaucoup d’autres portes, mais c’était donc celle-là ; une autre fois, à Bologne, près d’une basilique en agglomérés de lune, un petit théâtre
d’ombre et de linge improvisait pour un buste d’Hermès aux yeux rongés, et c’était ce drame. Puis quand le soleil poussait du front sur les potagers aujourd’hui
défoncés en haut de Belleville; quand cette galerie qui obliquait encore à Prague entre des magasins se transformait en église et, pour finir, en square où des couples
muets déambulaient dans la chaleur, sous la lueur des globes exténuée d’avoir franchi les poussières du songe : c’était là, je ne bougerais plus, bien que ce ne
fût ni le but ni l’étape, mais cette déception en somme réconfortante d’avoir pour un moment trouvé l’enclos dont j’aurais pu, après tant d’heures usées
contre du vent, contre des pierres, devenir pierre et vent à mon tour le génie sans identité qui sous un ciel de glace, les rayons déclinants, allume entre l’inerte et les
yeux obscurcis une étincelle. Alors on connaît sans savoir. On connaît que des êtres passent, et que des événements s’infiltrent. Alors j’ai pénétré
des cœurs, entendu le déclic prémonitoire dans le retrait d’existences vouées à la désolation ou à la sauvagerie. Et de quel droit? Celui qui peut
connaître ainsi, malgré soi qui fracture, l’équité voudrait qu’il assiste ensuite : or lui s’en va. Je repartais, en effet, attiré de nouveau dans les faubourgs par
cette lampe qui de relais en relais au sommet des immeubles révèle et dérobe à la fois l’éclat du centre inaccessible. Et toujours cependant, à voix basse imitant
la mienne, quelqu’un me demandait d’attendre encore, encore un peu, mais il fallait que je m’en aille, amalgamant sans m’en douter quelque chose de ma substance à ces blocs d’inconnu.
Ensemble nous avons produit de l’angoisse et du danger, des lambeaux d’illusion qui puisent à mes dépens dans leur détresse de n’exister qu’à peine une sorte d’énergie.
Car en contrepartie la mienne s’amoindrissait. Et maintenant, comme moi j’avais erré à la recherche du centre, obsédées par l’oubli des mots qu’elles avaient voulu me dire,
que j’avais refusés (et qui étaient le passeport, peut-être, la formule de l’échange avec l’autre et notre délivrance), ces empreintes à moitié vivantes de
mon passage s’étaient mises à rôder. Comment faire pour les aider, et qu’elles me pardonnent ?

Souvent elles apparaissent, consternées au grand jour, sans arrêt, comme à coups de pelle, qui vient les déterrer, mais pour ne pas gêner, pour se donner l’air
hypocrite de tout le monde, elles vont manger une gaufre près de la consigne aux bagages, s’attarder sans motif dans les bazars où elles achètent n’importe quoi d’inutile pour
elles comme une lime à ongles et des savons, des savons. Elles ont honte, je sais, mais c’est ma honte qu’elles endurent, et la honte ou déjà la peur m’empêchaient de les
rejoindre quand j’étais sûr qu’elles m’avaient fait signe à cette façon de brandir là-bas la manche d’un manteau vide, au rideau qui bougeait derrière la vitre
d’un de ces vieux bistros confits dans les relents de la soupe et du pétrole. Je me méfiais. J’aimais mieux écrire des lettres et même les expédier, scrupuleusement
affranchies quoique sans adresse. Tant bien que mal essayant de me justifier. Mais ces explications me jetaient du haut en bas des pages comme dans des rues, et le virage automatique au bout de
la ligne m’abattait avec des pans de phrase entiers dans le brouillard. À cela aussi je renonçai. Puis il y eut une série d’incidents que je ne dois pas rapporter. Je n’osais
plus sortir ni décrocher le téléphone. Enfin, rassemblant mon courage avec ces objets modérés qui nous soutiennent quand nous lâche le reste — un seul livre,
la casquette, la brosse à dents — une fois de plus je résolus de partir. Où j’irais, peu importe. Mais là-bas tout recommencerait peut-être, et déjà
tout recommençait. Un train aux horaires fumeux montait vers la frontière, dans cette zone où les haltes en fin de journée se multiplient. La nuit aussi montait. Sous les
entablements obscurs, des rayons d’intelligence et d’amour touchaient le front des bêtes rencontrées. À chaque arrêt on voyait sourdre la lueur basse et puissante qui dort
au fond des murs. Les regards en étaient protégés par des visières, et les paupières des enfants qui ne cessaient de fumer sur les déblais restaient baissées.
Une averse, toujours devant, brassait dans l’odeur des lilas celle de la fumée et d’essences plus rares dont la vigueur, avec le cristal des appels, signifiait l’extrême altitude. La
gare où l’on s’attardait à présent était exactement semblable aux précédentes, peut-être plus foncée. Mais on avait monté encore, et rien
n’était changé dans l’intensité de camouflage de la lumière. Seule la pluie avait dû basculer vers des ravins ; un souffle par contrecoup achevait de s’épuiser en
gros tremblements de portes. Quelqu’un fit observer que les orages ne passaient jamais la frontière. D’autres phrases prononcées comme en rêvant flottèrent dans le wagon
— puis de nouveau le silence appuyé sur la vibration décroissante des vitres, les craquements des ressorts. Des sommets élevaient sur nous leur braise interminable.
Brusquement j’empoignai mon sac pour descendre, comme sans réfléchir. Le billet servirait plus tard, si je continuais ce voyage.

Personne, d’ailleurs, ne me le réclama. Les employés s’étaient tassés près du fourgon de tête, devant l’interruption du quai parmi des herbes dont luisaient les
tiges encore sensibles sous le vent. Ils formaient un groupe bien dense, bien noir, où de seconde en seconde un geste, qui semblait le dernier, éclatait saisissant comme le poing
plongé dans une eau trop limpide. Je les regardai longtemps. C’était une émeute immobile. J’allais comprendre quand la nuit tomba d’un seul coup. II y avait un hôtel en face
de la gare, juste au coin d’une rue qui allait se perdre vers des sapins. Du portier somnolent sur les pages de son registre, la voix ne me parvint qu’après avoir tâtonné dans
les chambres, cherchant celle où j’irais dormir. Mais j’avais le temps, tout le temps désormais plus lourd et plus stable que la montagne. Alors j’ai raccroché la clé
numéro 9 sur le tableau. J’escaladais maintenant cette rue qui décourage vite les maisons : au niveau des toits ce n’est plus qu’un sentier, après un coude abrupt
précipitant le village. La montagne allait devant moi, claire comme une pensée qui se sait condamnée et qui résiste. Au bord d’un ressaut étroit je me suis adossé
contre sa masse et, tout en bas, dans le train qui prenait la courbe vers la frontière, à trois reprises j’ai vu le compartiment que j’avais laissé vide s’éteindre, se
rallumer. J’ai dit doucement : bon voyage. Trois fois aussi le calme absolu de l’hôtel cette nuit m’a réveillé. Je sens le poids de la montagne. La lumière profonde a
disparu. Mais, sur la place, luit encore tout ce qui peut luire avec modestie et confiance : une étoile, l’anse d’un seau. Je recommence.

ENTRE TIEN EMOI 24


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ENTRE TIEN EMOI 24

 

Je viens d’avoir un accident de voiture

Le 24 mon chiffre,

pourtant d’un symbolisme fort voici brusquement qu’il vient me narguer  comme si soudain une coalition se levait pour me punir d’avoir cru envers et contre tout…plus étonnant encore il se trouve que cet article est le 24eme…

J’ai sans doute abusé de ma foi en la vie et mis en avant l’espoir mis dans l’amour …depuis hier et cette nuit des petits monstres ne cessent de m’agresser en renversant tout ce qui tenait droit debout..

Niala-Loisobleu – 21/08/18

 

Propriétés du nombre 24


Symbolisme

  • Représente la roue des renaissances, selon R. Allendy. C’est le mécanisme cyclique de la nature, 4, lié à la différenciation cosmique, 20, dans l’équilibre harmonieux de la création – 2 + 4 = 6.
  • Représente la combinaison de l’individualité consciente et maîtresse de toutes ses énergies avec le Cosmos développant son harmonie complète, selon Warrain.
  • Symbole de la double harmonie du ciel et de la terre.
  • Saint Jérome voit dans ce nombre le produit des quatre éléments – la terre, l’eau, l’air et le feu – par les six jours de la création.
  • Symbole de totalité, d’accomplissement intérieur.
  • Le nombre 24 exprime le double 12 (le zodiaque majeur et le zodiaque mineur). De même que le nombre 6 exprime l’espace, le nombre 24 exprime le temps. Il est la clé du grand cycle de manifestation. C’est la clé de toute apparition ou incarnation cyclique.

Bible

  • Vingt-quatre est le nombre de lettres de l’alphabet qu’on retrouve dans les quatre évangiles.
  • Le Christ dans les évangiles accomplit 33 miracles dont 24 furent des guérisons.
  • Les vingt-quatre Anciens, ou Vieillards, ou Elohim assis sur 24 sièges. (Ap 4,4)
  • Nombre de chapitres de l’évangile de Luc.
  • Les vingt-quatre classes de prêtres et de chantres. (1 Ch 24,1-19; 1 Ch 25,9-31)
  • Dans la guerre menée à Gat contre les Philistins, un guerrier de grande taille avait six doigts à chaque main et à chaque pied, donnant 24 doigts au total. (2 S 21,20; 1 Ch 20,6)

Général

  • On a l’habitude de représenter la couronne de la Vierge avec 24 fleurons, comprenant six fleurs: lys, crocus, violette, rose, tournesol, camomille. Six astres: Vénus, Bouvier, l’étoile marine, le Soleil, la Lune, Orion. Douze pierres précieuses empruntées à l’Apocalypse et au Pectoral d’Aaron.
  • C’est à l’âge de 24 ans que Jésus entra en Perse, selon l’évangile du Verseau.
  • Sainte Anne avait 24 ans lorsqu’elle pris comme époux Saint Joachim. Ils furent plus tard les parents de la Vierge Marie, selon les visions de Marie d’Agréda.
  • Vingt-quatre est le nombre de livres bibliques de l’AT – hébreux et protestants. Ce nombre est obtenu en comptant pour un seul livre les douze petits prophètes, ainsi que les Juges, les Rois, Esdras, les Chroniques – chacun étant généralement divisé en deux livres. C’est aussi le décompte du Talmud de Babylone.
  • Les Chaldéens distinguaient, en dehors du cercle zodiacal, 24 étoiles dont 12 australes et 12 boréales, et ils les appelaient « Juges de l’univers ».
  • Selon l’évangile de Thomas, 24 prophètes se sont manifestés en Israël avant la venue du Christ-Jésus. (log 52.2)
  • Dans le livre Massekbet Hekbalot 6, on retrouve un passage qui fait référence aux Quatre Vivants dont il est fait mention dans le livre Ezéchiel de la Bible: «Les saints vivants se tiennent sous le Trône de gloire, leur visage est la ressemblance de la forme humaine, leur corps ressemble à des braises enflammées d’un surcroît de feu, chacun possède 24 faces et 24 ailes, chacun a 20 faces au sein de quatre faces, et 20 ailes au sein de quatre ailes, le corps de chacun d’eux est rempli d’yeux, chaque oeil est comme le disque de la lune, chacun est tourné vers tout côté, vers tout vent, leurs faces se regardent les unes les autres et leurs ailes sont orientées les unes vers les autres.»
  • Dans le Livre hébreu d’Hénoch, ou Livre des Palais, il est question des distances du Ciel: «Entre les chérubins et les ophanim, 24 myriades de parasanges. Entre les ophanim et les chambres des chambres, 24 myriades de parasanges.»
  • Les Égyptiens découvrirent, 25 ans avant notre ère, que le singe urinait régulièrement 24 fois par jour.
  • Les Japonais, la Perse et les Chinois divisent l’année en 24 parties de 15 jours.
  • C’est le nombre de grains que peut avoir le chapelet chinois d’origine tantrique et bouddhique.
  • La règle est l’instrument par excellence de la construction, donc la manifestation universelle. Elle est utilisée comme telle dans le symbolisme maçonnique, notamment dans l’initiation au grade de compagnon. C’est elle qui permet d’établir le plan directeur de l’édifice et d’en vérifier l’exécution correcte. Sa division en vingt-quatre degrés correspond aux divisions du cycle solaire quotidien, manifestation la plus immédiate de l’Activité céleste.
  • Dans le Talmud, il est écrit: «Mariez vos fils alors que votre main est encore sur leur cou. De seize à vingt-deux ans, ou mieux encore, de dix-huit à vingt-quatre…»
  • Dans le bouddhisme, le Khuddaka-nikâya est la cinquième partie du Sûtra-Pitaka qui est composé de quinze «courtes» sous-parties dont l’une d’elle, nommée Buddhavamsa, est un récit en vers sur les 24 bouddhas qui précédèrent le bouddha Shâkyamuni.
  • Le Manu-Samhitâ est un livre de prières de Manu dans l’hindouisme. D’origine très ancienne, on l’attribue à Manu bien qu’il porte la marque du travail de plusieurs auteurs dont Vaivasvata. Doté à l’origine d’une longueur totale de 100000 vers répartis en 24 chapitres, il fut réduit à 12000 vers par Nârada. Sumati le ramena à son tour à 4000 vers, dont il ne subsiste plus aujourd’hui que 2685 vers.
  • Le Nijûshi-ryû, qui signifie «les vingt-quatre courants», désigne les vingt-quatre «écoles» du zen au Japon.
  • Les 24 tirthankaras, ou saints parfaits, du jaïnisme.
  • Dans la mythologie grecque, le géant Alcyoneus écrase sous un rocher 24 compagnons d’Hercule avant d’être transpercé par une flèche d’Athéna.
  • Selon le Zend-Avesta, Zervane, le temps sans borne, avait produit deux grands dieux, Ormaz et Ahriman; le premier, être pur et bon par excellence, parole créatrice, principe de vie, symbolisé par la lumière; l’autre, impur et pervers, parole destructrice, principe de mort, symbolisé par les ténèbres. Après avoir créé son armée céleste, pour la diriger, Ormaz créa 24 dieux – Yazatas ou génies célestes – qu’il plaça dans un oeuf, afin de leur communiquer une énergie invincible dans une puissante incubation divine. Ahriman riposta aussitôt en produisant 24 génies opposés – démons ou daêvas – qui percèrent l’oeuf et entraînèrent sous leur étendards la moitié des phalanges rebelles au joug du bon principe.
  • Les 24 runes de l’alphabet runique dont chacune possède un sens divinatoire et un pouvoir magique.
  • Les vingt-quatre heures du cycle circadien des méridiens, divisant la journée en période égales. Les heures sont d’origine égyptienne, mais l’heure équinoxiale – 60 minutes – est grecque. Anciennement chez les Égyptiens et les Romains, la longueur des heures variait selon la saison.
  • Le corps humain est composé de 24 éléments, dont l’hydrogène et l’oxygène sont les plus abondants avec 63% et 25.5% respectivement.
  • La cage thoracique du corps humain est formée de 24 côtes.
  • L’or pur est appelé or de 24 carats.
  • Anniversaire de mariage: noces de faïence.

Occurrence

  • Le nombre 24 est employé 20 fois dans la Bible.
  • Le nombre 600 est employé 24 fois dans la Bible.
  • L’Apocalypse de Jean utilise au total 24 nombres différents, qui sont les nombres 1 à 12, 24, 42, 80, 144, 666, 1000, 1260, 1600, 7000, 12000, 144000 et 200000000. Cependant, on retrouve dans l’Apocalypse l’expression « myriades de myriades » (Ap 5,11) – myriade correspondant à dix mille – pour signifier un nombre immensément grand ou innombrable, l’infinie en quelque sorte. Si on le considère alors comme un nombre potentiel, le nombre de chiffres utilisés dans l’Apocalypse n’est plus 24 mais bien 25. Noter que dans le TOB, le nombre 80 dans l’Apocalypse n’existe pas: au lieu de spécifier « 80 livres », on parle plutôt de « talent » (Ap 16,21). Dans les révélations de Maria Valtorta, Jésus déclare à propos de ces nombres que « dans les temps à venir resplendira la vérité sur les nombres encore obscurs contenus dans l’Apocalypse, nombres qui sont là pour indiquer la Perfection et la Sainteté infinies, et aussi l’Impiété sans mesure ».
  • Le chiffre 7 est utilisé 24 fois dans le Coran.
  • Le mot juge est employé 24 fois dans le NT et le mot agneau, 24 fois dans l’Apocalypse. Dans l’évangile de Saint Jean, les mots eau et esprit sont cités 24 fois.

ENTRE TIEN EMOI 23


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ENTRE TIEN EMOI 23

Le peau de soleil empêtré dans le voile d’un filet remaillé retient la vague immobile, des poissons se sont envolés peut-être avant que l’eau se fige. Du phare qui se dressait audacieusement pour défier l’aveuglement de la nuit, on ne voit plus qu’une lanterne sourde tourner sur elle-même. A mettre la décision en parenthèses. Rester où partir ? Le dilemme de l’acte de vivre. Perplexité des employés à l’embarcadère.

Quand j’avais l’âge de ne penser qu’à vivre en jouant au soldat, la guerre revenue de permission du tant de mon grand-père était en cours d’extermination collective. J’ai survécu en longeant les trottoirs d’un monde terrifié encore sous le coup de la question existentielle majeure.

Qui comprendrait que ma rage vouée à rencontrer toutes les sortes d’avanies, embuscades et trahisons a tenu un espoir indécent à manches retroussées ? Seule la folie peut justifier pareille attitude.

 

Et devant le long temps écoulé depuis qu’en penses-tu à présent ?

Oh qu’on ne peut pas imaginer la capacité destructrice de la combinaison de la vie avec l’homme mis dedans.

Si même le vent est ôté aux voiles comment peut-on justifier l’obstination apportée dans la construction navale, aussi terrifiant que ce soit, je suis prêt à penser que le soin mis dans l’assèchement des mers et océans n’arrêtera pas la transat. Il y aura des marins qui traverseront à pied.

Le mien de bateau a été mis en chantier par Marthe, je l’ai baptisé de sa conviction qui en méfie plus d’un.

Niala-Loisobleu – 20/08/18

Marthe

René CHAR
Recueil : « Fureur et mystère »

Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante.
Je n’entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.

ENTRE TIEN EMOI 22


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ENTRE TIEN EMOI 22

 

L’air remue

Au coeur d’une naissance je vois remonter une image. L’intime chuchote à voix basse, on ne croirait pas pouvoir fusionner à ce point et voila d’un coup c’est intestinal, tant ça tord. La toile n’a jamais été aussi grande de format et de thème de t’aime. Le bleu marque l’écho des poings.

Le train est en gare, la rentrée reprend sa vacance pour voyager au taire promis.

N-L 6 20:08:18

LE REVEIL A MICKEY


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LE REVEIL A MICKEY

 

Dans le feu de mes yeux que l’acide mâche, ondule un fond ocarina

L’enfant aux poils blanchis survit aux sucs gastriques de l’ombre érosive

Je craie dis-je avant que l’ardoise ne m’arrive

Les pieds païens dans un ciel amphi où la scène est à quai

Des salades de papier recyclé dans un sans goût labelisé

Marin  un remous mécanique articule l’aileron du parc d’élevage de poisson pendant que sur l’écran géant de la boutique on voit l’Atlantide dans l’aquarium de la pyramide du Louvre

Un car scolaire en pleine vitesse se rue sur la terrasse de l’Université de Cluny néantisant le danger des incunables, l’avenir disparaît sous la folie des roues motrices

On entend les enfants chanter Heil Hitler

Des anneaux brisés de la chaîne je m’éveille, encore libre, bonjour mon Amour dis-je de mes lèvres déjeunant à la racine au bas de ton cou…

Niala-Loisobleu, – 20/08/18

APRES MA MORT


APRES MA MORT

Henri Michaux

Je fus transporté après ma mort, je fus transporté non dans un lieu confiné, mais dans l’immensité du vide éthérique.
Loin de me laisser abattre par cette immense ouverture en tous sens à perte de vue, en ciel étoile, je me rassemblai et rassemblai tout ce que j’avais été, et ce que j’avais
été sur le point d’être, et enfin tout ce que au calendrier secret de moi-même, je m’étais proposé de devenir et serrant le tout, mes qualités aussi, enfin
mes vices, dernier rempart, je m’en fis caparace.

Sur ce noyau, animé de colère, mais d’une colère nette, que le sang n’appuyait plus, froide et intégrale, je me mis à faire le hérisson, dans une suprême
défense, dans un dernier refus.

Alors, le vide, les larves du vide qui déjà poussaient tentaculairement vers moi leurs poches molles, me menaçant de l’abjecte endosmose, les larves étonnées après
quelques vaines tentatives contre la proie qui refusait de se rendre, reculèrent embarrassées, et se dérobèrent à ma vue, abandonnant à la vie celui qui la
méritait tellement.

Désormais libre de ce côté, j’usai de ma puissance du moment, de l’exaltation de la victoire inespérée, pour peser vers la
Terre et repénétrai mon corps immobile, que les draps et la laine avaient heureusement empêché de se refroidir.

Avec surprise, après ce mien effort dépassant celui des géants, avec surprise et joie mêlée de déception je rentrai dans les horizons étroits et fermés
où la vie humaine pour être ce qu’elle est, doit se passer.

Henri Michaux