EMPLOI DU TANT


EMPLOI DU TANT

La fin de l’été se glisse, je me pose au prochain printemps

comme l’a voulu mon dernier rêve

Ce sera la prochaine qui mettra à jour avant

du 1er au 14 Février 2022 à Chateaubernard

l’expo très particulière à l’endroit qui me fit hommage

Anémone tu m’appelles

je ne te ferais pas faux bond

tu peux me croire…

Niala- Loisobleu – 17 Septembre 2021

DISTINCTION


DISTINCTION

La nuit est locataire du moment

je ne vois rien en-dehors de cette forme qui me danse dans la vue

l’esprit torride d’où elle émane n’a rien à voir avec l’au-delà

rieuse luciole

Tu deviens nette

je te reconnais

là sur la toile laissée hier au chevalet

je sais comme j’irai te rejoindre à peindre cet autre versant de la montagne.

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2021

DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE


DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE

T’écrire de ceux-là puisque qu’ils sont de la main qui t’a peint

tirée du trottoir au soleil

laissant cette ruée qui, dans son ombre, se place en devanture

D’un bleu prêt à violacer et d’un rouge carminé l’humble fleur trône

remplissant de sa musique-de-chambre l’espace tamisé du tête-à-tête qui crépite entre les jambes

Vider le dos de son mal en le baignant jusqu’à ce que l’eau l’avale

alors la salive se met au végétal

C’est preignant

L’asparagus vient chatouiller la souplesse des branches d’un persillé qui éteint le vacarme de la moto frimeuse du sale môme que ses parents élèvent dans la violence des consoles

visions afghanes, mission impossible d’une église de scientologie, ce monde sectaire se pisse-dessus en étoilant de jaune ses manifestations antitout

Ô oui Badinter fait abolir mondialement la peine de mort

L’atelier derrière le rempart de tes poings garde la fraîcheur innocente de l’enfant qui fait durer ce qu’il a reçu

J’aime ce que cette fleur porte d’espoir en elle

dans la permanence actuelle d’un danger potentiel c’est mon canon à grêle

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021

D’ÉLOQUENCE, LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE


D’ÉLOQUENCE, LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE

La Chaume offerte, mes doigts vont à l’automne cueillir le chant pignon

Quelle fleur saurait mieux dire que l’humble anémone, les mots-peints de l’oiseau ?

Ils ont la texture de la figue qui balance au sein des larges feuilles dentelées sur l’arbre à l’angle de l’intime maison

L’humide automnal accroché aux herbes mène à la terre de labour

Vois au port les mouettes décoller

Elles sentent l’odeur qui monte des reins du cheval.

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021

LE JOUR MONTRE LES CHATS FAUX


LE JOUR MONTRE LES CHATS FAUX

Noir de suie le coq bute au réveil

le matin est raccourci de lumière

Mal de do qui sort du lit un réveil fatigué

on dit c’est la faute à l’automne qui dépouille et fait les arbres chauves

Insoumis j’ai toujours refusé l’on dit

et fais de l’automne l’embryon du printemps grâce au pourrissement naturel de l’idée reçue

C’est beau et pas sans vrai ce que tu chantes Jean-Max

aussi par le tri de ce qui en mourant ne laisse place qu’à la vie

je donne à ma douleur dorsale en corps assez de moelle pour faire de l’airain le statuaire de mon envie

rester raide pour éjaculer la lumière du confluent dans l’estuaire

ouvert sur le large

garder le coeur en tête.

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021


AU LIT

Henri Michaux

AU LIT

J’écrase mon crâne et l’étale devant moi aussi loin que possible et quand c’est bien plat, je sors ma cavalerie.
Les sabots tapent clair sur ce sol ferme et jaunâtre.
Les escadrons prennent immédiatement le trot, et ça piaffe et ça rue.
Et ce bruit, ce rythme net et multiple, cette ardeur qui respire le combat et la
Victoire, enchantent l’âme de celui qui est cloué au lit et ne peut faire un mouvement.

La maladie que j’ai me condamne à l’immobilité absolue au lit.
Quand mon ennui prend des proportions excessives et qui vont me déséquilibrer si l’on n’intervient pas, voici ce que je fais :

Henri Michaux

L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR


L’ÉTERNITE EST DANS LA COUR

L’homme a agrippé la femme

Et la femme murmure

«Ne t’écarte pas, nous tombons

Tu vois, c’est un voyage dans le vent de la chute

Et c’est si beau

Le vent s’enchante

Dans la maison trop claire qui tient sa paume ouverte

Comme une plaine

Sans turbulence malgré le vent »

Tous deux s’épousent et le moment ne tombe pas

La femme ne sait pas où ils vont

L’homme croit peut-être le savoir

Elle ferme simplement les yeux

Pour mieux sentir son cœur qui navigue vers lui

Et les vergers font des étoiles

On voit le vent qui s’énamoure

Et qui secoue les arbres fous

L’homme et la femme emportent pour repères

La satiété d’anciens châteaux du paysage

Qu’ils ont toujours connus arrimés dans le temps

«Ne t’écarte pas, nous tombons»

Nœud partageable fol appui

Le voyage et son point fixe

Et le moment ne tombe pas

Et c’est sans eux que le temps se décline

Toujours est incrédule la même plaie

La plaie de blé mêlé d’ivraie

Mode à l’impersonnel

Ocre terrible sur la rose du monde

La beauté se soutient et ne nous parle pas

Le temps mordille la peur et j’habite un devoir

Surgissement qui m’étreint et me chasse de moi

Tu ne voyais donc pas qu’aucun rempart ne divise le temps !

Tout se tient

Une guirlande bruisse

Le blé flambe à petits bruits d’insectes

Le blé flambe

Et ne me brûle pas

Qui ne suis plus en moi

Je ne sais pas qui je suis

Et j’habite un devoir

En attendant que la pure plaie de l’étendue

Sous sa broderie de feuilles et de temps libre

Tienne à l’étendue d’une parole

Où nous sachions entendre

Que nous tenons ensemble

Où tout se tient


Dépêchons-nous déjà une guêpe vient

Sucer la cigale malade tombée vive sur le balcon.

Gabrielle Althen