Entre deux églises


Le ciel bleu-épais retient le souffle d’une envie légitime. Posant sur les cassures du sol des arbres fruitiers.

Les jarres comme des seins lourds ouverts invitent les senteurs corporelles à se moudre en une seule huile.

On sent le lièvre en embuscade parmi les plantes aromatiques se frayant un chemin entre les cailloux et les oliviers aux troncs torturés par le désir de paix. Si le lieu brûle de lui-même il montre une indicible tranquillité satisfaite. Le village s’accroche à la montagne. Gardant dans le ventre des patios cette profondeur que la ville ignore.

Dans la brume de chaleur je tire le premier clocher

Avant la cloche des oiseaux ont appelé à l’ultime prière

Un enfant dresse la tête

Ses yeux tiennent la ficelle d’un cerf-volant enroulé à la pergola babylonienne

La Palmyre en fond de scène

Une odeur de chercheurs de pétrole dresse ses puits dans l’acide regard du reptile-fouisseur. Quand de l’autocar descendent des yeux bridés je me sens transpercé par une douleur vertébrale. L’intelligence artificielle est en voyage scolaire. Écoute, je ne me trompe pas, c’est le glas.

Alors refermant mes yeux sur ma réalité, des frondaisons sort le chœur aux hautes voûtes d’une charpente de bateau renversé. Passé les chapelles blotties dans leurs niches nous voici face à l’autel. Des arums déversent l’espoir de pureté de leurs fonds baptismaux.

Niala-Loisobleu – 20/05/19

 

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MÛTINS BLEUS 10


Si cela ne tenait qu’à un fil

La tresse en serait plus serrée que la mèche enrubannée à la merci du premier vent

Au plomb du citron la journée ploie gaiement sa branche

Sur laquelle plument toutes les couleurs d’envol

Je sais la forte pierre qui s’applique au gué en ricochets étirés

Et la lance comme l’élan du cheval galopant en lice vaincre pour la rejoindre

Afin que le sol qui nous porte résonne des fragrances des pouls unis

Peaux nouées

Tempo t’aime-t’aime

De l’aurore vierge…

Niala-Loisobleu – 20/05/19

 

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MÛTINS BLEUS 9


Les mains plaines

un mélange d’ocre et d’olives

En corps des poils aux ongles

mes doigts ramassent du soleil en palette

Comme ce qui dense en Avignon ma Dame est sur le pont du navire

nous avons tordu le cou aux intermittents fâcheux

Il danse il danse ce Dimanche de Mai !

Ne ferme pas ton corsage, Ma, laisse les chiens fous courir à la vague…

Niala-Loisobleu – 19/05/19