C’EMOI, UN TROU DE PIERRE POUR LA FENÊTRE, CLEF SUR L’APPORTE


C’EMOI, UN TROU DE PIERRE POUR LA FENÊTRE, CLEF SUR L’APPORTE

Morceaux de crayons usés, des bouts de ficelle , un reste de craie pris à la falaise, beaucoup de nids-de-poules creusés en couvées par débords de mer parachevés avec soin ou erreur égales par les porteurs du nom , le bateau et les rugissants mes Bermudes, scoumoune du triangle. A faute à qui ? Sans aucun doute à roux sauts .L’enfant est resté pur sans angélisme, la dure c’est auprès de celles qu’on aime qu’on l’apprend. Ma foi s’est toujours tenue à l’écart des bénitiers ce qui forme au contact de l’exceptionnelle générosité d’exploitées du maquereau au vain rouge. Le coeur gîte sans dessaler plus en petite vertu qu’au Couvent des Oiseaux.. Peindre, ceux qui m’y ont formé savaient de quoi y parlait. Avec le sens du carré dans la phrase. De leurs couilles ils savaient la syntaxe sans avoir le moindre diplôme. C’est plus formateur pour l’humain. Aussi partir de l’homme pour y aller jusqu’au bout du possible, ça élève plus la femme que l’entretien du mépris par le rabaissement du genre opposé. Quand la baleine promène son baleineau à travers les ô séants elle lui dit pas que son père vaut pas un parapluie, ils nagent dans leur eau sans rêver d’aller voir sur Mars si y a de quoi se baigner.

Niala-Loisobleu – 26 Février 2021

SEINE PARISIENNE


SEINE PARISIENNE

En amont coule la Seine,
Un fleuve froid et vitreux;
Elle s’écoule avec peine,
Vers un pont majestueux.

Telle un sang capricieux,
Qui jamais n’a de rive;
Toujours elle dérive,
Vers ce mont caverneux.

Glissant vers cette arche béante,
Une eau lisse et visqueuse,
Entre dans sa bouche géante,
Dans la nuit ténébreuse.

Dérivant vers cette ombre,
Le grand pont qu’elle assaille,
Laisse couler cette eau sombre,
Dans ses vastes entrailles.

En amont s’écoule le fleuve,
Une lisse vague d’eau sale,
Inonde une pile et s’étale,
Etrange statue qu’on abreuve.

Cette eau grise et vaseuse,
Ce long fleuve de tristesse,
Serpente avec allégresse,
Sous l’arche majestueuse.

Cet onduleux miroir qu’est la Seine,
Où s’enfouit tout Paris;
Les reflets de cette eau parisienne,
Ce long fleuve de l’ennui.

L’eau de ce mouvant miroir,
Traverse le purgatoire,
En ressort sous un soleil voilé,
Scintillant tel un fleuve argenté.

L’eau s’avance dans la lumière dorée,
Telle l’or étincelant qui brille;
L’eau resplendissante scintille,
Duveteux coussin de liquide argenté.

La Seine scintillante serpente,
Mouvant reptile d’eau vivante;
Dans ses méandres de vipère,
Coule une eau baignée de lumière.

Les feux miroitants voguent sur l’onde,
L’éclat brillant de cette onduleuse ombre,
Se propage dans un courant d’eau sombre,
Où la Seine et Paris se confondent.

Les brillants reflets nagent,
Que la Seine submerge,
Vont, viennent, se propagent,
Danser sur une berge.

Le pâle éclat da sa triste parure,
Est pour elle une injure;
Car une beauté qui jamais ne dure,
Est toujours un parjure.

Les reflets de la vigueur,
Miroitaient dans ses bras;
Mais une morne langueur,
Ternissait leur éclat.

Dans l’ombre, sous le pont,
La couleuvre d’eau lisse, lentement glisse,
L’eau coule, les jours s’enfouissent,
Elle vient et ils s’en vont.

Les jours fuient,
Le fleuve coule,
L’eau s’enfuit,
La vie s’écoule.

En amont coule la Seine,
L’artère de Paris;
De l’eau coule dans ses veines,
Le sang de Paris.

François Sauvageot

SECRETION CONSTRUCTIVE


SECRETION CONSTRUCTIVE

A perte de vue les yeux arpentant le rejet de vague cherchent la porte du fond pour sortir de l’abus, prêts à poser le tapis de « Bienvenue » avec la clef-dessous

Cette recherche venue du premier jour jusqu’au dernier relevant de l’attrait pour ce qui penche à tenir debout qu’Ulysse initia depuis l’Olympe reste non résolue

La Côte Sauvage de ma proximité essaime ses nudistes en corps plus habillés que les plus prudes, mais d’épaisse hypocrisie qui va jusqu’à les faire exhibitionnistes de leur coups-bas à tous profits

Démonter Babel pierre à pierre

et arracher les mauvaises langues

en réaccordant les vers dans la bonne direction

Noués au flux et reflux du baiser lingual cueillant tout de la fleur de sel à la feuille de rose d’évent

Saine de maux dits et absente de non-dits

L’enfant-maraîchin ses oignons en marguerite, son cresson à quatre-feuilles, son vélo-cheval et le grand bateau de papier face à l’Espérance, sous le kiosque à musique devant lequel Maillol à mis ses statues de dames-nues pour donner une éducation sexuelle du beau aux innocents

De la base au sommet…

Niala-Loisobleu – 26 Février 2021

CAGNES-SUR-MER


CAGNES-SUR-MER

PAR JACQUES PRÉVERT

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Cagnes-sur-Mer

Soleil de novembre et déjà de décembre et bientôt de

janvier
Fête de la
Jeunesse et fête de la
Pais
Eaux claires de la lune dansez sur les galets
Dans les filets du vent des sardines d’argent valsent sur l’olivier et des filles de
Renoir dans les vignes du soir chantent la vie l’amour et le vin de l’espoir

Cagnes-sur-Mer

jolie tour de
Babel aimée des étrangers

Pierre blanche sur la carte

des pays traversés et jamais oubliés

Danse danse jeunesse

danse danse pour la
Paix

danse danse avec elle sans jamais l’oublier

Elle est si belle si frêle

et toujours menacée

et toujours vivante et toujours condamnée

Les plus savants docteurs du monde occis-mental

disent qu’une fois de plus

elle est encore perdue

enfin

qu’elle n’en a plus pour longtemps

et que la der des nerfs lui a tourné les sangs

Et qu’un vaccin

la guerre

pourrait à l’extrême rigueur

la remettre sur pied

et qu’à titre préventif et obligatoirement

tout le monde comme un seul homme avec femme et

enfants devra se faire piquer à bout portant providentiellement

Saisonnière horreur

sacrifices humains sacrifices enfantins

souhaités louanges fêtés

Les bourreaux trouvent toujours des aèdes

et en première ligne des journaux aussi bien qu’aux

avant-postes de radio des voix livides intrépides et autorisées donnent de source sûre

les nouvelles toutes fraîches des tout derniers charniers et des éleveurs de monuments aux morts racolent la clientèle pour l’Europe nouvelle

AHô allô ne quittez pas l’écoute

restez sur le qul-vive sans demander qui meurt

et ni pourquoi il meurt

Sa mort c’est notre affaire

c’est l’affaire du
Pays

au revers de toutes nos médailles son nom

pieusement sera gravé

comme sur les premières timbales

du gentil nouveau-né

Allô allô ne quittez pas l’écoute

et que personne ne bouge

le drapeau dieu blanc rouge

flotte sur le chantier

que l’Europe nouvelle est en train de vous fabriquer

Allô allô laissez-nous travailler en paix

et bientôt l’Afrance et la
Lemagne

amies héréditaires sœurs latines ignorées

trop longtemps divisées mais enfin retrouvées

marqueront le pas de l’oie du vaillant coq gaulois

sous l’Arc de
Triomphe

du grand
Napoléon trop longtemps oublié

et ranimeront le lance-flammes du héros inconnu

pour la grande revanche des retraites de
Russie

Et toujours comme par le passé glorieux et non révolu

Épée sur la terre aux hommes de bonne volonté

Et à ceux qui bassement nous accusent

de nous ne savons quel trafic de piastres et de devises dans les contrées lointaines de notre empire français illimité avec le clair regard des rares honnêtes gens nous
répondons très simplement
Voyez nos mains sont pleines preuve que nous sommes innocents

Danse jeunesse de
Cagnes-sur-Mer

danse jeunesse de tous les pays

et sans en excepter un seul

promise à la tuerie

danse danse avec la paix

On lui tire dans le dos

mais elle a les reins solides

quand tu la tiens dans tes bras

Elle est si belle si fragile si frêle

elle est aussi très vieille abîmée détraquée

Danse jeunesse du grand monde ouvrier et si tu ne veux pas la guerre
Répare la paix.

jacques Prévert

Sous mon arbre – Julien Clerc


Sous mon arbre – Julien Clerc

Sous un grand arbre j’ai poussé
Une sorte de vieux marronnier
Au centre d’une cour carrée
Majestueux
Dans ses racines j’ai puisé

La sève des grandes traversées
Et mon pays je l’ai trouvé
Dans tes yeux

Sous mon arbre je me balance
Je me repose loin du cours des choses
Sous mon arbre je me balance
C’est la pauseJ’ai fait grandir tout mon feuillage
J’y ai mis mes enfantillages
Et nos enfants de tous les âges
Merveilleux
J’ai fait durcir un peu l’écorce
Pour nous donner le coeur, la force
Pour voir la vie et ses entorses

Tous les deux

Sous mon arbre je me balance
Je me repose loin du cour des choses
Sous mon arbre je me balance
C’est la pause

On a bâti notre cabane
Nos petits dans tes bras de liane
A l’abri tu berces mon âme
Avec euxSous mon arbre on se balance
Ensemble on retrouve les jolies choses
Oui sous mon arbre on se balance
C’est grandioseC’est grandiose

Sous mon arbre on se balance
C’est grandiose

CHANT INTERNE


CHANT INTERNE

Devant le trou dans le mur un chant monte d’envie de franchir ma gorge

au refrain

le lapin change la pile du tambour pour tenir la canne-majorette au lancé de la cuisse

qui débusque l’oiseau du marigot

Un phare sur le nez

deux seins au bout de la jetée

au moment de la montée de la marée

Pour sentir l’estuaire reverdir en pré salé mouettes envol

Niala-Loisobleu – 25 Février 2021

LE RÊVEUR – JACQUES BERTIN


LE RÊVEUR – JACQUES BERTIN

J’étais l’enfant qui courait moins vite
J’étais l’enfant qui se croyait moins beau
Je vivais déjà dans les pages vides
Où je cherchais des sources d’eaux

J’étais celui à l’épaule d’une ombre
Qui s’appuyait, qu’on retrouvait dormant
Je connaissais les voix qui, dans les Dombes
Nidifient sous les mille étangs

Je fus plus tard l’adolescent qu’on moque
Au regard vain dans la ville égaré
L’homme qui campe à l’écart de l’époque
Tisonnant ses doutes pour s’y chauffer

Je suis monté au lac des solitudes
Dans l’écrin gris des charmes sans raison
Où des airs vieux palpitaient sous la lune
J’aurai laissé des chairs aux ronces, des chansons

La note basse des monts, les absences
Les émeraudes du val interdit
Toutes les belles ruines du silence
Tout ce qui ne sera pas dit!

Si jamais tu t’accroches à ma légende
Il faut que tu t’en remettes à mon mal
Ne trahis pas, vois la plaie où s’épanche
Tout un monde animal

L’enfant muet s’est réfugié dans l’homme
Il écoute la pluie sur les toits bleus
Les cœurs sont effondrés, le clocher sonne
Que faire sans toi quand il pleut?

Ma vie ne fut que cet échec du rêve
Je ne brûle plus, non, ce sont mes liens
Les sabots des armées m’ont piétiné sans trêve

Ma vie ne fut que cet échec du rêve
Je ne brûle plus, non, ce sont mes liens
Les sabots des armées m’ont piétiné sans trêve

J’écris dans le ciel vide et vous n’y lirez rien

A PIED-D’OEUVRE EN NOUVELLE LOGE


A PIED-D’OEUVRE EN NOUVELLE LOGE

Niala, devant l’ébauche de « LA VIE, POUR L’AMOUR MAINS TENANTS…», en dialogue pictural avec « l’Homme de Clarté » toutes ailes déployées.

Rien de ce qui fait nuit n’obstruant son Jour

je n’ai pas retenu ce qui tire ma main au chevalet

« Ainsi commence la Clarté »

entendis-je

les oiseaux chanter en entrant dans l’ébauche

Le perçant de son regard ne pourra plus jamais descendre

l’effet plume

au ras de l’existence

De ce qui s’élève il est l’entité

Confondus en une m’aime sincérité

l’Enfant et moi

faisons le premier mouton d’un troupeau

qui tire mon âme du précipice

haut vers l’alpage

à l’escalade du Bleu Nouveau

Niala-Loisobleu – 25 février 2021

AU CHEVALET ET TENDRE


AU CHEVALET ET TENDRE

L’ajout celui qui porte et soulève jusqu’au mirage sans en posséder les menteries ensorceleuses

A-t-on jamais vu un enfant dessiner un mensonge ?

Tellement vrai que les psychologues s’en font le moyen de les faire parler quand le drame les a bloqué

Les sales histoires sont le pain quotidien d’une triste chaîne alimentaire que mes arbres refusent de porter en fruits. Mes petites maisons-blanches veulent garder l’accent du sud sans la jalousie criminelle d’une Carmen égocentrique. Dans le bas de l’encaissement du fleuve le fil de Tolède aiguise les arcs juifs à côté des fontaines des jardins arabes

L’amour de l’art ouvre grand sa porte aux sens de l’âme malgré le seul attrait de commerce qui s’en dégage chez certains.

Niala-Loisobleu – 25 Février 2021

La Mère Evanouie – Julien Clerc


La Mère Evanouie – Julien Clerc

Sur un mouchoir en lin elle brode le prénom
De l’enfant qui matin a quitté la maison
Si le temps a passé et les chagrins aussi
Il a fallu panser dans la maison le vide

Si vous lui demandez elle vous dira « je vais
Comme vont les saisons »
Elle vous dira « je sais
Comme le temps est long »
Elle pensera « je suis
Une mère évanouie
Évanouie

Et ses doigts abîmés quand ils ne brodent pas
Caressent le cliché de l’enfant dans ses bras

On dit que les photos portent les souvenirs
Elle ne le dit pas trop mais elle porte bien pire

Si vous lui demandez elle vous dira « je vais
Comme vont les saisons »
Elle vous dira « je sais
Comme le temps est long »
Elle pensera « je suis
Une mère évanouie
Évanouie

Si vous lui demandez elle vous dira « je vais
Comme vont les saisons »
Elle vous dira « je sais
Comme le temps est long »
Elle pensera « je suis
Une mère évanouie
Évanouie

Sur un mouchoir en lin elle brode le prénom
De l’enfant qui matin a quitté la maison